
Pour de nombreux artisans et commerçants, le 1er mai représente une hausse notable de leur chiffre d’affaires. Près de 20 % de plus, par rapport à une journée classique. Nombreux sont les boulangers et pâtissiers qui s’insurgent donc contre l’interdiction de travailler ce jour-là. « C’est vraiment de l’acharnement », dénoncent au micro de RMC Marilyne et Yannick Rassin, deux boulangers qui ont été verbalisés pour avoir ouvert leur boutique ce jeudi 1er mai. « On n’en peut plus, on est en train de tuer les petits commerces, on est en train d’empêcher les gens qui veulent travailler », déplorent-ils.
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« On n’en peut plus, on est en train de tuer les petits commerces »
Selon la loi française, « le 1er mai est (un) jour férié et chômé » pour tout salarié. C’est une loi de 1948, l’article L3133-4 du Code du Travail, votée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, qui institue cette particularité. Cependant, il n’est pas rare que plusieurs professions, comme les boulangers ou les fleuristes, qui sont autorisés à travailler le dimanche, dérogent à cette interdiction légale. Une tolérance qui depuis 1986, bénéficie d’une « position ministérielle » accordée par Martine Aubry, alors directrice des relations du travail au ministère des Affaires sociales et de l’Emploi sous la présidence de François Mitterrand.
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Mais cette clémence, comme chaque année, n’est pas systématiquement au goût du jour. Selon la loi, une boulangerie faisant travailler ses salariés le jour de la Fête du travail encourt une amende de 750 euros par employé. Un montant doublé si le salarié est un apprenti âgé de moins de 18 ans. Une sanction financière qui vaut y compris lorsque le salarié est volontaire et qu’il est doublement rémunéré.
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En revanche, si aucun salarié ne travaille, mis à part le chef d’entreprise, la boulangerie-pâtisserie a parfaitement le droit d’exercer et de poursuivre son activité chaque 1er mai.
Une situation qui pourrait évoluer d’ici l’année prochaine, puisqu’une proposition de loi pour permettre aux professionnels du pain d’ouvrir leur boutique le 1er mai a été déposée par deux sénateurs centristes, Annick Billon et Hervé Marseille, en avril dernier. Alors que le Premier ministre François Bayrou a soutenu que la France ne travaillait « pas assez », le gouvernement affirme, lui, « soutenir cette initiative ».
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