De Karim Moussaoui avec Sammy Lechea, Zar Amir Ebrahimi. 1h30.
En Algérie, Réda vit toujours dans la grande maison de ses parents. Son père lui trouve un emploi dans la grande entreprise d’hydrocarbures qu’il dirige pour quelque temps encore. En même temps, il se fiance à la fille d’une famille bourgeoise comme la sienne. Jusqu’au jour où il décide de partir faire son service militaire… Tout en faisant la radiographie sociale et politique d’un pays rongé par la corruption, le réalisateur d’En attendant les hirondelles signe le portrait d’un jeune homme (le magnétique Sammy Lechea) qui, à l’image de l’effacement de son reflet dans le miroir, a progressivement renoncé, par confort et soumission, à affirmer sa personnalité. L’atmosphère oppressante, osant des parenthèses fantastiques à la façon d’un David Lynch, immerge dans la réappropriation, brutale et déstabilisante, d’un personnage qui perd pied pour mieux se retrouver. À condition d’accepter de ne pas tout comprendre… B. T.
Un monde merveilleux ★★
De Giulio Callegari, avec Blanche Gardin, Angélique Flaugère. 1h18.
Alors que, dans un futur proche, les robots remplacent progressivement les humains, Max joint les deux bouts en volant des modèles qu’elle revend en pièces détachées. Jusqu’au jour où sa fille insiste pour garder le dernier en date, un peu vieillot, qu’elle a dégoté dans un Ehpad. Cette fable gentiment futuriste épingle avec humour notre dépendance à une technologie pratique et efficace, tout en dénonçant, avec ces assistants programmés pour obéir sans broncher, un nouvel esclavage moderne. Avec une mauvaise foi comique et sa gouaille habituelle, Blanche Gardin nous embarque dans un road-movie rocambolesque qui fait (aussi) réfléchir à l’avenir. B. T.
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Les Arènes ★
De Camille Perton, avec Sofian Khammes, Iliès Kadri. 1h34.
Alors qu’il s’apprête à signer son premier contrat professionnel à Lyon, son club formateur, un footballeur talentueux conseillé par son cousin intègre voit débarquer dans sa vie un puissant agent étranger bien décidé à lui mettre le grappin dessus. Après le récent et réussi Mercato de Tristan Séguéla, ce premier film visite à son tour les coulisses clinquantes mais peu reluisantes du foot sans soutenir la comparaison avec celui-ci. Si la réalisatrice fan de ballon rond montre plutôt bien combien ces espoirs qui se dédient entièrement à leur passion, avec l’espoir d’une vie meilleure, sont réduits à des marchandises par un milieu reflétant les dérives de notre société capitaliste, le lien tissé entre séduction mercantile et homoérotisme est maladroit, comme souvent, dans l’écriture, son récit qu’on aurait aimé plus tendu. Bap. T.
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