
Les craintes d’un basculement militaire des tensions entre l’Inde et le Pakistan se sont concrétisées dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 mai. Après plusieurs jours de tensions accrues, les deux puissances rivales se sont échangé une série de frappes d’une intensité rare le long de leur frontière disputée au Cachemire, faisant au moins 26 morts côté pakistanais et huit côté indien, selon les bilans communiqués par les autorités respectives.
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Tout a commencé dans la soirée de mardi, lorsque l’aviation indienne a ciblé six localités du Cachemire et du Pendjab pakistanais, explique l’AFP. Une opération menée en représailles à l’attaque meurtrière de Pahalgam, où 26 militaires indiens avaient été tués le 22 avril dernier. Un attentat dans lequel le Pakistan nie toute implication. Quelques heures plus tard, l’artillerie pakistanaise ripostait, pilonnant plusieurs secteurs du Cachemire indien, notamment la localité de Poonch, où huit civils indiens ont trouvé la mort. L’armée pakistanaise s’est également targuée d’avoir abattu cinq avions indiens dans l’espace aérien indien, dont trois Rafale français.
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Des enfants parmi les victimes
Au moins 26 civils ont été tués côté pakistanais, dont deux fillettes de trois ans et un garçonnet de cinq ans. Quarante-six autres personnes ont été blessées, selon le porte-parole de l’armée pakistanaise, le général Ahmed Chaudhry. En Inde, les autorités ont recensé huit morts et 29 blessés dans le village de Poonch, dans le nord-ouest du Cachemire.
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Cette brusque flambée de violence marque un tournant inquiétant dans les relations indo-pakistanaises, historiquement tendues depuis la partition de 1947. Le Cachemire, région à majorité musulmane partagée entre les deux pays mais revendiquée en totalité par chacun, reste un point de friction majeur. Deux des trois guerres entre les deux voisins ont d’ailleurs éclaté à son sujet. Si des incidents surviennent régulièrement le long de la « ligne de contrôle » — frontière de facto au Cachemire —, l’intensité et l’ampleur des attaques de la nuit dernière sont sans précédent depuis la crise de Kargil, en 1999.
Les appels au calme se multiplient
New Delhi assure qu’aucune installation militaire pakistanaise n’a été visée, soulignant faire preuve de « retenue considérable ». Islamabad rétorque que cette attaque « rapproche deux puissances nucléaires d’un conflit majeur ». À l’international, les premières réactions ont été prudentes mais fermes. La Chine, la Russie et la France ont exhorté les deux pays à éviter toute nouvelle escalade.
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Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a téléphoné à ses homologues pour les inciter au dialogue pour « désamorcer la situation et éviter une nouvelle escalade », selon la Maison-Blanche. Donald Trump a dit espérer que « les affrontements s’arrêtent très rapidement ». « Le monde ne peut pas se permettre une confrontation militaire », a pour sa part plaidé l’ONU.
Dans les deux pays, la rhétorique patriotique se durcit. À New Delhi, le Premier ministre indien Narendra Modi a donné son feu vert à une « riposte » militaire et annoncé qu’il allait « couper l’eau » des fleuves qui prennent leur source en Inde et irriguent le Pakistan – un projet irréalisable à court terme selon les experts. Le Pakistan a de son côté assuré se « réserver le droit absolu de répondre de façon décisive à cette attaque indienne non provoquée », tout en rapportant que des frappes indiennes avaient endommagé l’un de ses barrages produisant de l’électricité au Cachemire pakistanais.
Les regards se tournent désormais vers les prochaines heures. Alors que le matin s’est levé sur une ligne de front encore instable, les diplomates espèrent un retour au dialogue. Mais sur le terrain, la poudrière cachemirie menace, une fois encore, d’embraser tout le sous-continent.
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