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Matisse et Marguerite, l’amour d’un père sur la toile



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7 Mai 2025
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Matisse et Marguerite, l’amour d’un père sur la toile
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Il la surnommait affectueusement « Margot ». Au cours de sa vie, Henri Matisse a eu plusieurs modèles pour peindre, mais une seule muse qu’il avait le loisir d’observer quotidiennement et qu’il adorait : sa fille Marguerite. Une évidence que le maître de la couleur l’ait donc représentée à de multiples reprises.

Le musée d’Art moderne de Paris s’est lancé un défi fou : réunir l’intégralité des portraits à quelques exceptions près, environ une centaine en provenance du monde entier (des États-Unis au Japon), exécutés entre 1905 et 1945, puisqu’elle a accompagné son père sur un temps plus long que les autres femmes qui posaient pour lui à différentes périodes de sa carrière.

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Une constitution fragile

En résulte une exposition poignante et mémorable, dans une scénographie simple et épurée qui se concentre sur l’essentiel : les sentiments. Pour retracer au fil des huiles sur toile et des dessins (réalisés à l’encre noire, au fusain ou au crayon graphite), des photographies, des documents d’archives, la trajectoire peu ordinaire de Marguerite, à travers le regard de son illustre géniteur. Qui a même façonné des bronzes et des faïences à son effigie ! « Elle grandit sous nos yeux : enfant, adolescente puis adulte jusqu’à l’âge de 50 ans, note Charlotte Barat, la commissaire. La visite nous permet de parcourir à nouveau l’œuvre de Matisse, pour appréhender son évolution à travers le prisme particulier d’un visage unique qu’il n’a cessé de scruter sous tous les angles. Les variations sont d’une extrême richesse. Car parfois elle ne se ressemble pas du tout. Un jeu qu’il s’autorise juste avec elle. »

Marguerite naît à Paris le 31 août 1894, fille d’Henri Matisse (1869-1954) et de Caroline Joblaud (1873-1959), déclarée à l’état civil sous le nom de sa mère. Le couple, pas marié, s’est rencontré dans la capitale, où l’artiste originaire du Nord s’est installé pour étudier la peinture à l’âge de 24 ans. En 1897, ils se séparent et Matisse reconnaît officiellement Marguerite, qui portera désormais son patronyme. L’année suivante, il épouse Amélie Parayre, qui l’adopte immédiatement et l’élève comme sa propre enfant, bientôt aux côtés de ses deux petits frères, Jean et Pierre. Mais elle possède une santé fragile : à 7 ans, elle est frappée par la diphtérie, ce qui nécessite une trachéotomie en urgence dont elle dissimule la cicatrice grâce à des cols montants ou un ruban de velours noir, un signe qui permet de l’identifier immédiatement dans les compositions de son père.

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Privée d’une scolarité normale car son larynx endommagé la fait beaucoup souffrir, la gamine fréquente l’atelier de Matisse à Issy-les-Moulineaux et est le témoin privilégié de son processus de création puis une source d’inspiration intarissable. L’intensité de son regard est saisissante, voire intimidante. « On a lu toute la correspondance de Matisse, réussi à déchiffrer les pattes de mouche et constaté qu’il était un papa inquiet de sa constitution chétive, poursuit Charlotte Barat. Mais aussi très exigeant à son égard, il ne cessait de l’encourager et de lui prodiguer des conseils. On ne savait rien d’elle, ce sont ces très belles lettres qui nous ont éclairés sur sa personnalité. »

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En 1919, grâce aux progrès médicaux découlant de la Première Guerre mondiale, notamment pour réparer les gueules cassées, Marguerite subit une opération de la trachée. Grâce à laquelle elle pose désormais sans son ruban pour son père, osant enfin montrer ce cou meurtri. En 1923, elle devient madame Georges Duthuit, écrivain et critique d’art établi à Paris, alors que Matisse reste à Nice où il a élu domicile.

« En raison de l’éloignement géographique, elle disparaît de sa peinture pendant vingt ans, indique la commissaire. Mais elle demeure son agent, elle établit son catalogue raisonné, vend des œuvres avec son accord en jouant le rôle d’intermédiaire avec les galeries et les collectionneurs. Même quand il s’agit de ses propres portraits. Matisse a du mal à s’en dessaisir mais pas elle, qui travaille déjà pour sa postérité. » Elle supervise même le tirage de ses gravures chez les imprimeurs et l’accrochage de ses tableaux lors des rétrospectives. Elle aussi empoigne le pinceau, « essaie ardemment », présente le fruit de ses efforts dans des salons, avant de se rendre à l’évidence et de renoncer, car l’héritage familial est trop lourd. Pourtant, Matisse la soutient sans condition. Mais elle préfère abandonner, après avoir compris la difficulté du métier qu’a embrassé son père.

Marguerite dans tous ses états

C’est amusant de voir toutes les manières qu’il a utilisées pour l’immortaliser sur la toile, flirtant avec l’impressionnisme, le fauvisme, le cubisme ; son visage détaillé ou flouté, de face, de dos, de côté, les yeux ouverts ou fermés, sa silhouette intégrée dans des environnements où elle est une simple figurante, en intérieur et en extérieur ; même déguisée. Pour signifier tous les états de Marguerite, dans tous les formats et avec tous les matériaux qu’il a à portée de main. Il ne s’en lasse pas. Comme n’importe quel parent prend aujourd’hui des milliers de photos de son enfant !

Mais la visite n’est pas répétitive, car l’émotion affleure à chaque instant tant l’amour, la tendresse et l’admiration se dégagent de ces œuvres, pour certaines inédites. Passionnée de mode, elle se lance dans la couture, mais son projet est interrompu par la guerre. En août 1940, elle envoie son fils unique Claude, 9 ans, aux États-Unis pour le protéger, sans savoir quand elle le reverra. Avant son départ, Matisse fait plusieurs dessins sur le vif de son petit-fils. Il ignore que sa fille s’engage dans la Résistance, comme agent de liaison entre Paris et Rennes.

En 1944, elle est arrêtée par la Gestapo, torturée mais ne parle pas, et incarcérée. Elle est déportée en direction des camps de concentration, libérée par miracle quand le train stoppe à Belfort, juste avant le passage de la frontière, et recueillie par la Croix-Rouge. Sans nouvelles depuis des mois, ce qui l’a « anéanti », Matisse est bouleversé de la serrer dans ses bras en 1945. En témoignent ses deux ultimes portraits, dont un fantomatique pour dire qu’elle est revenue d’entre les morts.


« Matisse et Marguerite, le regard d’un père ». Jusqu’au 24 août. mam.paris.fr

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