
C’est à Reims qu’Eisenhower, commandant suprême du corps expéditionnaire allié en Europe, établit son quartier général en février 1945. D’abord installé à Versailles, le « General of the Army » choisit la sous-préfecture de la Marne afin de suivre le front qui se dirigeait vers l’est de la France. D’autres villes, comme Metz, Liège ou Verdun, avaient également été envisagées par celui que l’on surnomme Ike, mais la contre-offensive allemande lancée dans les Ardennes refroidira les Alliés.
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À l’époque, la capitale allemande est occupée par les Soviétiques et les forces alliées anglo-saxonnes ne souhaitent pas s’y aventurer. À la suite de plusieurs négociations menées avec Winston Churchill, Eisenhower impose son QG de Reims et c’est ici que sera signé le tout premier acte de la capitulation allemande, peu après la débâcle de la Wehrmacht. « Je pense qu’il est particulièrement symbolique que la reddition ait été signée au cœur de la France, ce pays où nous avons débarqué en juin et dont les forces armées et les mouvements de résistance nous ont tant aidés » déclare-t-il, après la signature du document, actant la capitulation de l’Allemagne nationale-socialiste.
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Quatre jours après le suicide de Hitler, le 30 avril 1945, l’armée allemande s’étiole. Plusieurs corps de la Wehrmacht se rendent successivement aux Américains et aux Britanniques, en Hollande, au Danemark et en Allemagne. Le 2 mai, les forces armées du IIIe Reich avaient déjà cessé le combat dans le nord de l’Italie et au sud de l’Autriche.
Pour le successeur de Hitler, l’amiral Dönitz, l’objectif est de sauver ce qui peut l’être : à savoir les trois millions de soldats allemands qui continuent de se battre contre l’Armée Rouge sur le front de l’Est, en Courlande, dans le delta de la Vistule, ainsi qu’à Prague. Le 4 mai, l’amiral allemand von Friedeburg, envoyé par Dönitz, obtiendra du maréchal britannique Montgomeryune capitulation partielle, mais Eisenhower se montrera inflexible et imposera à l’Allemagne une reddition totale et sans conditions.
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Dönitz s’incline et le général Jodl, chef d’état-major du haut commandement allemand, signe l’acte de capitulation à Reims, le 7 mai à 2h41, en présence du général américain Walter Bedell Smith (représentant d’Eisenhower), du général britannique Frederick Morgan, de l’amiral britannique Harold Burrough et du général français François Sevez, témoin pour la France. Côté soviétique, trois hauts gradés prennent place autour de la table, avec à leur tête le général Sousloparov, chef de la mission militaire soviétique en France, qui apposera en son nom la signature de l’Union soviétique. Mais Staline s’opposera à la signature de ce premier acte, ne s’étant pas encore concerté avec les forces alliées sur la déclaration commune des puissances vainqueures ; il estimera qu’il ne s’agira que d’un acte unilatéral et provisoire. Il est alors convenu d’une nouvelle signature, cette fois définitive, le soir du 8 mai, à Karlshorst, tout près de Berlin.
Signé en pleine nuit, l’acte de capitulation du 7 mai 1945 ne fut rédigé qu’en une seule langue : l’anglais, au grand dam du général de Gaulle, chef des Forces françaises libres.
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