
Après Boualem Sansal, incarcéré depuis novembre et récemment condamnée à cinq ans de prison, Alger s’en prend à Kamel Daoud. Ce mercredi 7 mai, le régime d’Abdelmadjid Tebboune, via un juge du tribunal d’Oran, a émis deux mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de l’écrivain franco-algérien, lauréat du prix Goncourt en 2024 pour son roman Houris (Gallimard) – qui relate l’histoire d’une jeune femme rescapée de la décennie noire (1992-2002) en Algérie.
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Selon le Point, hebdomadaire qui emploie l’écrivain comme chroniqueur, le premier mandat a été émis par Interpol Algérie en mars dernier. Le second a quant à lui été envoyé au début du mois de mai. « Pendant la guerre civile des années 1990, on assassinait des écrivains. Aujourd’hui, on les met en prison et on lance des mandats d’arrêt contre eux », réagit Kamel Daoud auprès de l’hebdomadaire.
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L’écrivain est visé par deux plaintes depuis la parution de son roman primée. Une première « violation de la loi sur la réconciliation nationale », une autre plainte pour atteinte à la vie privée. Cette dernière émane d’une femme qui reproche à l’auteur d’avoir utilisé son histoire personnelle, sans autorisation et en enfreignant la confidentialité de son dossier médical, afin de nourrir son récit. Des accusations que l’intéressé rejette fermement, affirmant que son œuvre relève de la fiction et qu’elle est nourrie par son expérience de journaliste au Quotidien d’Oran dans les années 1990.
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Après ces nouvelles menaces de l’Algérie à l’encontre d’un écrivain, de nombreuses voix s’élèvent en France pour défendre l’auteur de Houris. « Le Point apporte son soutien total à Kamel Daoud, cible d’une campagne calomnieuse et d’un harcèlement judiciaire de la part de la dictature algérienne, décidément en guerre contre les écrivains et la liberté. Nous ne lâcherons rien ! », a tout d’abord écrit sur X le directeur de l’hebdomadaire, Étienne Gernelle.
« Soutien à Kamel Daoud, cible d’un harcèlement judiciaire orchestré par l’État algérien […] Boualem Sansal doit être libéré sans conditions et la France doit protéger Kamel Daoud et tous ceux qui défendent la pensée libre », a également estimé la présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga, sur le réseau social. « Aucun écrivain ne doit être menacé pour ses idées. La France, terre de liberté, doit être aux côtés des écrivains et des artistes face à ceux qui veulent réprimer leur parole », a ajouté Michaël Delafosse, maire de Montpellier.
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« Halte à cette cabale permanente contre la liberté », a de son côté clamé la sénatrice LR Valérie Boyer, rappelant que Kamel Daoud possède la nationalité française depuis 2020. Et de dénoncer : « Tandis que certains élus français se précipitent en Algérie, le régime algérien s’attaque de nouveau à un écrivain. »
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