
« Voir si les couleurs d’origine peuvent revenir », chantait Souchon… Depuis sa réélection, Emmanuel Macron court après sa grisante popularité du grand soir de la présidentielle 2017. À deux ans de l’inévitable rupture, il compte sur un grand rendez-vous médiatique pour ranimer la flamme. Audacieux. A-t-on jamais vu une émission de télévision inverser la courbe de popularité d’un président ? Certes, mais « ce sera du jamais-vu ! », s’emballe un conseiller du président, sur l’air de « vous allez voir ce que vous allez voir ». Deux heures d’émission face à des contradicteurs portant à leur manière les grands enjeux sociétaux du moment.
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Agnès Verdier-Molinié, économiste présidente de la fondation libérale iFrap pour confronter Macron à son bilan (désastreux) en matière de déficits publics. Lui qui se fit élire sur la promesse de réduire le nombre de fonctionnaires et qui, huit ans plus tard, a présidé à la création de 180 000 emplois publics supplémentaires. Salomé Saqué, l’écrivain porte-voix de la jeunesse éco-anxieuse, l’interrogera sur ses renoncements en matière d’écologie. Sophie Binet (CGT) lui reprochera sa politique de l’offre, opposant « cadeaux » aux super-riches aux sacrifices imposés aux travailleurs. Enfin, l’incontournable mascotte des chaînes d’info, Robert Ménard, maire de Béziers tendance « bon sens près de chez vous », l’interpellera sur la crise d’autorité et les incivilités du quotidien. Le tout, sous la conduite du sémillant Gilles Bouleau, devrait donc, selon l’Élysée, nous donner le tube de l’été.
Le président sera inévitablement questionné sur les référendums
Quelques « guests » intervenant via des vidéos pour pimper le tout, le journaliste Charles Biétry sur l’aide à mourir ou le premier youtubeur de France Tibo InShape sur le sport à l’école… Le couplet introductif, avant l’entrée en piste des quatre chansonniers sus-cités, sera consacré à justifier le choix présidentiel de s’adresser ici et maintenant aux Français. « Un temps de bascule géopolitique hors du commun, dramatise l’un des arrangeurs de l’Élysée. Le président sortira d’un moment de forte concorde européenne avec le chancelier allemand, les Premiers ministres polonais et britannique, sur le modèle d’une alliance européenne qu’il a lui-même lancée. » La mise en musique du réarmement français et européen, annoncé le 5 mars dernier lors de sa dernière intervention télévisée, censée faire contrepoids au bulldozer Trump qui s’est lancé dans une réorganisation du monde. Le reste de la partition devrait mettre en parole la tournée d’adieu sur les deux années qu’il reste avant la sortie de scène.
Il y sera notamment question de référendums, sur lesquels le président sera inévitablement questionné. En annoncera-t-il au moins un ? « Comme saint Thomas, je ne crois que ce que je vois », élude un apôtre d’Emmanuel Macron, laissant entendre qu’une annonce de consultation des Français sera bel et bien annoncée. Sur les équilibres budgétaires, comme l’espère Bayrou ? Peu probable. D’aucuns mettent une pièce sur la réduction et la réorganisation des collectivités territoriales. Il en faudra sans doute davantage pour « retrouver le rose initial de [nos] joues devenues pâles… »
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