L’essentiel
- Trois maçons âgés de 45, 56 et 58 ans sont décédés après l’effondrement d’un mur sur un chantier viticole à Pommard en Côte d’Or, entraînant l’ouverture d’une enquête pour homicide involontaire dans le cadre du travail.
- Le drame s’est produit lors de travaux de consolidation d’un vieux mur en pierres pour la construction d’un bâtiment viticole, malgré les tentatives de sauvetage des adjoints de mairie et l’intervention de 28 sapeurs-pompiers.
- Selon l’Assurance maladie, la France a connu 759 décès liés aux accidents du travail en 2023, se positionnant parmi les pays européens les plus touchés avec un taux de 3,3 décès pour 100.000 employés, bien au-dessus de la moyenne européenne de 1,8.
Trois maçons ont été tués mardi à Pommard, en Côte d’Or, ensevelis par l’effondrement d’un mur de pierres sur un chantier. Une enquête de flagrance a été ouverte du chef d’homicide involontaire dans le cadre du travail.
Qui sont les trois victimes ?
Les trois hommes étaient âgés de 45, 56 et 58 ans, a précisé le procureur de la République de Dijon Olivier Caracotch. Ils travaillaient sur le chantier d’un bâtiment agricole dans ce petit village viticole de la Côte d’Or situé à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Dijon.
Tous trois étaient salariés de l’entreprise Guy Bernard, basée à Savigny-lès-Beaune. Cette société locale de huit salariés est spécialisée dans les travaux pour les domaines viticoles, comme la création de caves et de cuveries. Mise en liquidation l’an dernier, elle avait été rachetée par une petite société travaillant principalement dans la rénovation de bâtiments anciens et classés.
Que s’est-il passé ?
Selon un responsable de la mairie de Pommard, le vieux mur en pierres s’est écroulé tandis que des ouvriers intervenaient pour le consolider. Leur but était de construire un bâtiment viticole servant d’entrepôt et de cuverie. Le drame s’est produit en début de matinée.
Deux adjoints de mairie, rapidement sur les lieux, ont tenté de déblayer les débris afin de libérer les victimes, avec l’aide d’autres ouvriers du chantier, mais en vain. Les sapeurs-pompiers, dont 28 sont intervenus sur les lieux, n’ont pas pu réanimer les maçons.
La préfecture a précisé qu’une cellule médicale d’appui psychologique avait été mise en place.
Ce type de drame est-il fréquent ?
En 2023, l’Assurance maladie a recensé plus de 700.000 accidents de travail en France, dont environ 555.000 ont donné lieu à une indemnisation. Ces accidents ont provoqué la mort de 759 personnes, 21 de plus qu’en 2022.
Selon les données d’Eurostat, relayées par le site Statista, la France est l’un des pires pays de l’Union européenne au nombre de décès liés aux accidents du travail pour 100.000 employés. Ce ratio était de 3,3, presque deux fois plus que la moyenne européenne (1,8). Très loin de la Finlande et la Suède (0,8) et de la Grèce (0,6), le champion de cette catégorie.
Notre dossier sur les accidents du travail
Seuls deux pays en Europe présentent des taux plus mauvais que la France : la Lituanie (3,8) et la Lettonie (4,3 accidents mortels au travail pour 100.000 employés).





