L’essentiel
- Les grands-parents d’une fillette tuée en 2018 par un adolescent placé chez eux ont attaqué en justice le département du Nord pour « ses défaillances dans la prise en charge d’enfants en situation délicate ».
- Lors de l’audience, le rapporteur public a estimé que le département était responsable, mais pas fautif, et a demandé à le condamner à verser deux amendes de 4.500 euros au couple.
- L’adolescent meurtrier, condamné en 2019 à huit ans de prison, est sorti en liberté conditionnelle en octobre 2024 après six ans d’incarcération.
Mardi, un nouveau combat judiciaire s’est ouvert pour Alain et Marie-Christine Marmignon. Ces grands-parents ont attaqué en justice le département du Nord pour « ses défaillances dans la prise en charge d’enfants en situation délicate ». En mai 2018, Léa, leur petite-fille âgée de 2 ans, a été tuée de plusieurs coups de couteau par un adolescent de 14 ans, accueilli chez eux, à Mairieux, placé par l’aide sociale à l’enfance.
« C’est une audience sans précédent en France, visant à faire condamner le département du Nord », a écrit le grand-père de Léa sur Facebook. Pour lui, ce procès est « d’une importance capitale, car il met en lumière le manque de réponse aux multiples alertes de mise en danger, alertes qui, hélas, ont conduit au meurtre tragique de Léa ». « Ce jour est dédié à sa mémoire et à la nécessité de garantir que de telles erreurs ne se reproduisent plus », insiste-t-il.
Le département, responsable mais pas fautif ?
Lors de l’audience au tribunal administratif de Lille, Alain et Marie-Christine Marmignon ont de nouveau rappelé le manque d’information sur le passé de l’adolescent placé chez eux. Il a été retiré de deux familles à la suite de son comportement difficile et de sa lourde prise en charge. Des faits de violence qui « n’ont jamais été portés à leur connaissance avant son arrivée », a déploré auprès de La Voix du Nord, Marie Cacciapaglia, l’avocate du couple.
Mais selon l’avocat du département Michel El Kaïm, « en aucun cas nous nous sommes trouvés en présence d’actes qui auraient pu présager » du meurtre de la petite Léa, en dépit des « actes moralement répréhensibles » signalés par mail.
Le rapporteur public a alors estimé que le département du Nord était responsable, mais pas fautif dans cette affaire. En d’autres termes, il n’est pas coupable de ne pas avoir agi. Dans ses conclusions, le rapporteur public a alors demandé à condamner la collectivité à verser deux amendes de 4.500 euros au couple Marmignon. Le jugement du tribunal administratif doit être rendu d’ici un mois.
L’adolescent est déjà sorti de prison
En 2019, le meurtrier de Léa avait été condamné à huit ans de prison, notamment en raison d’une « grave altération de ses facultés mentales ». En octobre 2024, il avait obtenu une remise de peine au bout de six ans, et avait pu sortir de prison en liberté conditionnelle, rappelle BFMTV.
Désormais âgé de 20 ans, il a interdiction d’entrer en contact avec les époux Marmignon ou de paraître à leur domicile. Il doit également poursuivre son « suivi sociojudiciaire avec injonction de soins ». Il encourt « trois ans de réclusion criminelle » supplémentaires s’il ne respecte pas ses obligations.





