
« Akha ». C’est le nom de l’application qui permettait aux voyageurs SNCF et aux utilisateurs des transports en commun d’Île-de-France d’être prévenus de la présence de contrôleurs SNCF ou RATP… L’application, lancée au début de l’année 2024, a été baptisée ainsi par son fondateur en référence au cri d’alerte lancé par les guetteurs sur les points de deal. Elle revendiquait 130 000 utilisateurs, avant d’être supprimée par la justice française.
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Akha : une application créée par un jeune ingénieur en informatique
Créée par un ingénieur en informatique de 26 ans, Akha a été condamnée le 7 mai dernier par le tribunal correctionnel, quelques mois après que son inventeur a été interpellé en janvier dernier par la Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) et la sous-direction cyber et financière de la Police judiciaire (PJ) de Paris. Elle est à présent sommée de verser des dommages et intérêts aux réseaux de transports publics lésés : 20 000 euros au bénéfice d’Île-de-France Mobilités, 5 720 euros à la RATP et 6 300 à la SNCF.
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La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, s’était félicitée de cette suppression, au nom d’une politique de « tolérance zéro contre la fraude ». « Frauder, c’est voler et la sécurité des transports est notre priorité ! » s’indignait-elle sur X le 13 janvier dernier, « scandalisée » par « l’aide que cette infraction pénale apporte aux délinquants et criminels ».
Une application de géolocalisation des contrôleurs RATP et SNCF téléchargée par plus de 130 000 utilisateurs
L’application, surnommée le « Waze des fraudeurs », permettait aux voyageurs et utilisateurs des transports en commun de signaler un problème d’insécurité, un retard, ou – fonctionnalité la plus recherchée par ses utilisateurs – la présence de contrôleurs RATP et SNCF dans les wagons, rames et stations.
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Un principe contraire à la loi française : la loi Savary de 2016 et l’article L2242-10 du Code des transports interdisent « le fait de diffuser par quelque moyen que ce soit […] tout message de nature à signaler la présence de contrôleurs ou d’agents de sécurité employés ou missionnés par un exploitant de transport public de voyageurs ». Une infraction pénale qui peut faire encourir à son auteur deux mois de prison et 3 750 euros d’amende.
Ayant pris connaissance de l’existence de cette technologie, Île-de-France Mobilités avait déposé plainte contre l’application et le site internet ainsi que contre Google Play et Apple Store, ses hébergeurs.
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