Couchés, « les cheveux bleus » ! C’est ainsi que « Werwolf K9 », dresseur canin très suivi sur les réseaux sociaux, qualifie « les wokistes du chien », « les ultras positifs qui vous conseillent d’acheter un nouveau canapé quand le vôtre est monopolisé par votre chien ». Dans son guide, L’Art du dressage (Magnus), il s’élève contre une négation « bisounours » et imprudente de « l’instinct de prédation », pour promouvoir « une approche plus équilibrée, qui inclut la sanction lorsque cela est nécessaire ».
Ne croyez pas qu’il exagère : en 2018, un trio d’universitaires américains avait réussi à faire publier dans une revue prestigieuse une étude dénonçant « une rampante culture du viol canine » et une « oppression systémique » chez certaines races. C’était un canular, mais le comité de lecture avait… mordu à cette belle niche. Humbert Angleys
Uniforme : le gendarme et les gendarmettes
Mégenrer : le fait d’utiliser un pronom ou des accords qui ne collent pas avec ceux souhaités par la personne concernée. Définition signée SOS Homophobie, dictionnaire des bons points du wokisme. Un concept qu’on imaginait réservé aux bancs feutrés des facs parisiennes ou aux safe spaces où l’on débat du genre d’un tofu. Et pourtant, la gendarmerie s’y est mise.
Dans une note interne consultée par le JDD, la maréchaussée enjoint ses troupes à « faire prévaloir l’état physiologique sur l’état administratif » lors des fouilles de personnes « se reconnaissant au sein d’une identité LGBTQI+ ». Autrement dit : peu importe ce qu’il y a écrit sur la carte d’identité, ce qui compte, c’est ce que l’individu ressent dans son for intérieur. Le gendarme n’a donc plus à distinguer le caporal du caporal-cheffe, mais plutôt à flairer l’âme du fouillé. Bon courage aux militaires ! Geoffroy Antoine
Scrabble : bientôt le mot compte « trouple » ?
Révolution dans un monde feutré : en 2021, la mise à jour de la règle du Scrabble a exclu « tous les mots constituant une incitation à la haine et à la discrimination ». Dans le sillage d’une purge américaine, à l’initiative de Mattel, l’entreprise propriétaire du jeu, une vingtaine de mots francophones ont carrément été supprimés de la liste officielle de la Fédération internationale en 2023. Bannis, « poufiasse », « tarlouze », « boche », « nabot »…
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Une hérésie pour les joueurs qui, à l’issue de débats byzantins, ont empêché l’interdiction de « garce », « putassier », « beur » ou « cagole », initialement ciblés dans une liste établie avec « un linguiste indépendant ». « Wokisme » est désormais autorisé et vaut 16 points, sans compter les bonus… Avec sept lettres, c’est un potentiel « scrabble » ! H. A.
Architecture : la déconstruction, la vraie
En 2022, lors de la remise des diplômes à l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles, des étudiants s’époumonaient, comme nombre de leurs homologues de Sciences Po, contre leurs enseignants « climatosceptiques, racistes et sexistes », réclamant qu’on leur enseigne davantage de pratiques « vertueuses ».
Une pression woke aux effets délétères, juge l’architecte allemand Patrick Schumacher : au lieu d’encourager la créativité, les facs et la presse spécialisée se focalisent désormais sur des sujets en vogue, entre injonctions écologistes et propagande diversitaire. Exit la quête artistique et la recherche du beau, il faut tout démolir pour tout rebâtir selon les lubies de l’époque. La déconstruction… au sens littéral. Lucas Planavergne
Herbier : la botanique entre en transe inclusive
La botanique entre en guerre contre son propre vocabulaire. 200 noms de plantes, algues ou champignons jugés « racistes » seront rayés d’ici à 2026, selon une motion votée au 20e Congrès international de botanique à Madrid en juillet dernier. Parmi les victimes, l’Hibbertia, nommée d’après un botaniste britannique lié à l’esclavage.
Une commission internationale s’occupe de trier le bon grain woke de l’ivraie historique. Certains scientifiques parlent de révisionnisme végétal. La science avance, paraît-il. Désormais, même les plantes doivent montrer patte blanche. Après les statues, les étoiles, voici venu le grand ménage des herbiers. À ce rythme, même les orties vont finir par porter plainte. G. A.
Jeux vidéo : l’idéologie aux manettes
Même l’univers du gaming est touché : lors de la sortie, en 2023, du très attendu « Hogwarts Legacy », dernier opus adapté de la licence Harry Potter, les appels au boycott ont fusé. En cause, les positions jugées « transphobes » de l’auteur de la saga, J.K. Rowling. Qu’importe si celle-ci n’avait pourtant pas participé à la conception du jeu, dans lequel figurent d’ailleurs des personnages transgenres…
A contrario, le dernier blockbuster d’Ubisoft, « Assassin’s Creed Shadows », a fait scandale au Japon et jusque dans l’enceinte du parlement. Une pétition dénonçant un « manque d’exactitude et de respect » a même recueilli des centaines de milliers de signatures. La guerre (pop)culturelle fait rage. L. P.
Mathématique : 2 + 2 = 5
À première vue, le théorème de Pythagore ou l’algorithme d’Euclide ne sauraient être mis en cause pour racisme ou homophobie. C’est sans compter avec l’ethnomathématique, théorie wokiste qui n’a rien d’une blague dans le monde anglo-saxon. Au Canada, le programme de mathématiques de l’Ontario reconnaît que « les mathématiques ont été utilisées pour normaliser le racisme ».
Dans le même État, une cour a jugé que le test de mathématiques pour les enseignants était anticonstitutionnel car il causait des disparités raciales. À New York, Laurie Rubel, professeur au Brooklyn College a pu écrire le plus sérieusement du monde que « 2 + 2 = 4 pue le suprémacisme du patriarcat blanc ». En réponse, une trentaine des plus grands scientifiques du monde ont dû publier une tribune pour rappeler une évidence : « La science ne connaît ni race, ni genre, ni religion. […] Il n’y a pas de chimie queer, de physique juive, de mathématiques blanches, ni d’astronomie féministe. » Pascal Meynadier
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