La victoire ou la fin des illusions ? Le poing levé ou un avenir en pointillé ? Au soir du 17 mai, Tony Yoka aura une vision plus précise de son futur sur les rings. Après avoir encaissé trois défaites consécutives, le champion olympique des super-lourds de Rio sait qu’il joue très gros. « Je veux repartir de l’avant, prouver que je ne suis pas mort, confie-t-il à la sortie de sa salle de Borehamwood, au nord-ouest de Londres, où il a posé ses gants depuis plus d’un an. L’enchaînement des trois défaites m’a beaucoup touché psychologiquement, et je suis vraiment reparti de zéro pour me reconstruire. »
Apaisé, impatient et sûr de ses choix, comme ceux de quitter les États-Unis, où il s’est un peu perdu, et de faire le ménage dans son staff pharaonique pour retrouver une forme d’équilibre et de simplicité. « Je sors d’une période très compliquée sur le plan personnel avec un divorce, un remariage et un troisième enfant. Aujourd’hui, je suis très heureux et j’ai réappris à aimer mon sport », ajoute-t-il.
Mais ce dernier est-il prêt à l’aimer de nouveau ? Bonne gueule, boxe séduisante, double culture, « Tony avait tout pour devenir ce champion tricolore des poids-lourds qu’on attendait depuis si longtemps, confesse Jean-Philippe Lustyk, le spécialiste et la voix de la boxe en France. Son parcours et son potentiel étaient énormes. Mais il y a eu des maladresses, des choix contestables, et l’argent qui peut faire tourner la tête. Tout cela a fini par couper le lien qu’il aurait dû nouer avec le public, en étant catapulté héros dès son retour de Rio, une première. »
« Je crois en ma destinée, je sais que je suis bon »
Le partenariat monté en 2017 avec Canal+ pour le mener au titre de champion du monde, « La Conquête », arrive à son terme. Le boxeur de 32 ans, qui compte treize victoires pour trois défaites chez les pros, s’entraîne désormais comme un forcené avec Don Charles. Il ne pointe qu’au 49e rang mondial des lourds. Son adversaire ? Un coriace combattant du Daghestan, Arslan Yallyev, 28 ans, classé 36e , invaincu en seize combats, et qui va boxer pour la première fois en dehors de la Russie.
« Il est redoutable, mais je crois en ma destinée ; le travail va payer. J’ai pris dix kilos de masse musculaire, j’ai retrouvé du plaisir à l’entraînement. Chaque jour, j’arrive à la salle avec le sourire parce que je sais que je suis bon. Je ne vois pas ce qui m’empêcherait d’être performant. »
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Il faudra néanmoins un Tony des grands soirs pour faire chavirer des fans de boxe exigeants et ce boxeur russe décomplexé qui a conclu dix fois par K.O. Le Français est convaincu que la stratégie mise en place va porter ses fruits malgré la célèbre formule de Mike Tyson : « Tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’on prenne une droite dans la gueule. »
Les coups, depuis sa retentissante troisième défaite de rang face au Bruxellois Ryad Merhy, le 9 décembre 2023, Yoka les a déjà encaissés. Et même si cette fois, l’attente est moins forte, la partie sera serrée. Plus d’extra-balle. « Soit il gagne avec la manière et la machine est relancée, conclut Jean-Philippe Lustyk, soit il échoue et toute ambition s’arrête. C’est un combat qu’il ne peut pas se permettre de perdre. » Rendez-vous le 17 mai à l’Adidas Arena, aux portes de la capitale. Celles qui s’ouvrent sur l’avenir ou se referment pour de bon.
À vivre le 17 mai à partir de 20 h 30 sur Canal+ Sport 360. Billetterie : billeterie.adidasarena.com
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