
Près de la moitié des Britanniques sont favorables à un gel de l’immigration nette, selon un sondage révélé par The Telegraph. Environ 46 % des électeurs souhaitent l’instauration d’un système « un entrant pour un sortant », voire une balance migratoire négative, où plus de personnes quitteraient le pays chaque année qu’il n’en arrive. Keir Starmer l’a bien compris. Le Premier ministre de gauche du Royaume-Uni a dévoilé ce lundi son plan pour réduire l’immigration légale dans le pays, après la percée du parti Reform UK de Nigel Farage aux dernières élections locales.
Publicité
Le programme de Keir Starmer prévoit un durcissement de l’ensemble du système d’immigration : visas de travail, regroupement familial, études… L’objectif affiché est double : faire baisser les chiffres de l’immigration nette, qui s’élevaient encore à 728 000 personnes entre juin 2023 et juin 2024, et répondre aux inquiétudes des électeurs, qui considèrent – toujours selon ce sondage – que Reform UK est le parti le mieux placé pour reprendre le contrôle sur les frontières.
La suite après cette publicité
Un sondage mené le 9 mai auprès de 2 300 personnes pour le Power and Politics Tracker de l’institut Merlin Strategy révèle que près de la moitié des Britanniques souhaite une immigration nette nulle ou négative : 23 % plaident pour davantage de départs que d’arrivées, et 23 % pour un strict équilibre – une ligne défendue par Reform UK depuis 2023. D’autres sondés, plus modérés, privilégient une immigration limitée : 17 % souhaitent un solde annuel inférieur à 10 000, 22 % quelques dizaines de milliers. Seuls 5 % des Britanniques interrogés jugent acceptable un volume proche des niveaux actuels, soit entre 500 000 et un million d’entrées par an.
La suite après cette publicité
Scarlett Maguire, fondatrice de Merlin Strategy, souligne l’écart entre les attentes de la population et l’inaction politique : « Aujourd’hui, seuls 5 % des Britanniques se disent satisfaits du niveau actuel d’immigration. La moitié veut le ramener à zéro, voire en dessous. Le Labour devrait se méfier et apprendre des erreurs des conservateurs ». Rishi Sunak, Boris Johnson, Theresa May… Tous ont martelé leur intention de limiter l’entrée d’étrangers au Royaume-Uni. En pratique, l’immigration nette n’est jamais descendue au-dessous de la barre des 200 000 individus par an sous Theresa May. Puis elle a chuté en 2020 (111 000), en raison des restrictions liées à la crise du Covid, pour grimper jusqu’à un niveau record (906 000) en 2023. Avant d’enregistrer une légère baisse (728 000) l’année suivante.
À l’approche des législatives, le sujet de l’immigration pourrait bien se transformer en piège électoral pour les travaillistes… De son côté, Reform UK se félicite de voir sa ligne confortée. « Près de la moitié des électeurs veulent geler l’immigration, et un seul parti propose cela : Reform UK », s’est réjoui son vice-président, Richard Tice. Le parti, qui prône la sortie de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et l’expulsion de tous les migrants illégaux, espère capter les électeurs conservateurs et travaillistes déçus. Si 46 % des sondés souhaitent que le Royaume-Uni maintienne son adhésion à ce traité international, 39 % veulent en sortir.
Source : Lire Plus






