
Cette année, Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, a frappé fort. Réunir lors de la soirée d’ouverture Juliette Binoche, présidente du jury, Quentin Tarantino, qui a lancé la 78e édition avec panache (et lâcher de micro impromptu), Leonardo DiCaprio qui a rendu hommage à l’un des derniers monstres sacrés d’Hollywood, Robert De Niro, 81 ans, lauréat tellement mérité de la Palme d’or d’honneur, pour saluer une carrière exceptionnelle qui court depuis six décennies.
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Dans son discours de remerciements, l’inoubliable boxeur de Raging Bull (1980), de son metteur en scène fétiche Martin Scorsese (ils ont travaillé huit fois ensemble), a administré un uppercut au président des États-Unis Donald Trump et sa politique des droits de douane sur les films produits à l’étranger : « La créativité n’a pas de prix, c’est inacceptable ! » Le lendemain, les fans espéraient l’entendre parler de cinéma au cours de sa masterclass modérée par l’artiste français JR, un ami de longue date. Mais, contre toute attente, il n’a été question que d’un projet de documentaire assez mystérieux, en cours de fabrication et dont on ignore encore la date de sortie en salles, dans lequel le photographe demande à l’acteur d’opérer une introspection, d’évoquer le souvenir de son père peintre, de méditer sur toutes les questions existentielles qui l’animent. Forcément, le public a été très déçu car Bob, de nature timide et peu loquace, se fait si rare.
On pensait qu’il allait égrener ses rôles les plus emblématiques dans les nombreux chefs-d’œuvre qui jalonnent son parcours (Taxi Driver, Voyage au bout de l’enfer, Il était une fois en Amérique, Les Incorruptibles, Les Affranchis, Casino, Heat… la liste donne le tournis). Assis sur un divan comme dans Mafia Blues (1999), signé Harold Ramis, Robert De Niro a concédé qu’il se levait tôt le matin, qu’il n’avait pas peur de la mort (« on n’a pas le choix, alors il faut l’accepter »), qu’il avait grandi en admirant Marlon Brando, James Dean, Montgomery Clift et Laurence Olivier. Et qu’il nourrissait une passion secrète pour les duos comiques de l’âge d’or, comme Laurel et Hardy ou Abbott et Costello. Un bien maigre butin au bout d’une heure et demie de discussion…
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