« Il était temps que ça se termine, Laurent n’a plus de limites », confie, soulagé, un proche de Bruno Retailleau. Les dernières attaques du Ponot – l’habitant du Puy-en-Velay – vendredi soir, renvoyant le ministre de l’Intérieur à la décision de fermer une école à Saint-Ouen sous la pression des dealers, quand sous « Nicolas Sarkozy ministre de l’Intérieur, jamais il eût été possible qu’on ferme une école pour laisser vivre un point de deal ». Un dernier coup sous la ceinture avant la période de réserve et le vote des 122 000 adhérents ouvert hier à 18 heures jusqu’à ce soir 18 heures.
Laurent Wauquiez attendra les résultats en son fief du Puy-en-Velay, d’où il fera une déclaration en début de soirée. Bruno Retailleau, rentré de Vendée ce matin, patientera à Beauvau. En cas de victoire, le ministre de l’Intérieur devrait s’inviter sur le plateau d’un 20 heures avant de gagner le siège du parti pour retrouver les militants.
Ainsi s’achèvera une campagne longue et qui aurait pu être meurtrière, mais au terme de laquelle les Républicains ont engrangé du muscle pour la suite. Même si les échanges ont parfois été tendus, les entourages ne sont jamais entrés en guerre comme c’est souvent le cas. Ils avaient enflammé la plaine lors du duel Copé-Fillon à l’automne 2012. Un état d’esprit constructif qui atteste de la prise de conscience de tous que l’unité est le plus précieux des trésors pour s’ouvrir à nouveau les portes du pouvoir.
Autre bénéfice de cette campagne : la relance d’une dynamique militante à faire pâlir d’envie le parti partenaire Renaissance. Alors que les derniers chiffres officiels (automne 2024) recensaient autour de 10 000 adhérents pour le parti de Gabriel Attal, les Républicains ont largement dépassé le seuil des 100 000. Un vent porteur très favorable dans la perspective de la campagne des municipales dans un an. Aucun autre parti ne peut se targuer d’un tel élan avec, de surcroît, le relais d’un solide réseau d’élus locaux.
Pour Franck Louvrier, maire LR de La Baule et maître d’œuvre des campagnes victorieuses de Nicolas Sarkozy, c’est le tableau d’ensemble qu’il faut regarder, au-delà de cette compétition interne de bonne tenue. « La désignation d’un nouveau patron du parti s’inscrit dans le contexte de retour au pouvoir des Républicains, décrypte Louvrier. Cela démontre aux électeurs, aux sympathisants, que leurs représentants sont capables de diriger et d’incarner. Les Républicains sont passés de spectateurs à acteurs. »
La suite après cette publicité
Un capital qu’il faudra préserver à l’issue des résultats de ce soir. « Tout le monde doit se retrouver dans la Cathédrale et ne pas se replier dans sa chapelle, conseille le sage de La Baule. La droite doit en finir avec le mal endémique de ces dernières années de la dispersion. » Une recommandation que l’entourage de Laurent Wauquiez, s’il n’est pas vainqueur, tente déjà de lui faire admettre.
« Laurent n’aura pas le choix », glisse l’un de ses fidèles soutiens auvergnats, qui remarque au passage que, dans ses discours, son champion emprunte davantage à la grammaire présidentielle que de chef de parti, balayant l’ensemble des sujets, du régalien à l’économie, en passant par le sociétal. Comme si, quel que soit le résultat de l’élection interne, il continuait de creuser son sillon vers 2027. Il y a dans la campagne Wauquiez et dans sa détermination une petite musique qui rappelle celle d’un Jacques Chirac post-défaite à la présidentielle de 1988.
« Que voulez-vous, Jacques, les Français ne vous aiment pas », avait glissé Bernadette à son mari, partageant d’ailleurs ce constat dans les médias. « Le Grand » avait passé les mois et années suivantes à labourer le pays à la rencontre des militants leur promettant tout et n’importe quoi, avant de faire mentir les pronostics en 1995 en terrassant Édouard Balladur. Chirac n’a jamais renoncé, et les Français finirent par l’aimer…
Source : Lire Plus






