
Le président de la République, Emmanuel Macron, devait se rendre à la Grande Mosquée de Paris ce lundi 19 mai à l’invitation du recteur Chems-Eddine Hafiz. Mais visiblement, cette visite devrait être annulée, car plusieurs conseillers officiels et officieux déconseillaient samedi à Macron de se rendre dans ce lieu de culte. Le déplacement intervient dans un contexte de grande tension diplomatique avec le régime algérien d’Abdelmadjid Tebboune. On connaît la proximité de ce dernier avec le recteur, qui entretient par ailleurs de bonnes relations avec le président français.
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Il semble évident qu’Emmanuel Macron voulait d’une part « rassurer » les Algériens de France et les Franco-Algériens, mais, au-delà, ne pas laisser les dossiers « islam » et « Algérie » exclusivement entre les mains du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau qui saura ce soir s’il est oui ou non président des Républicains, une victoire qui pourrait amplifier la dynamique en sa faveur, ce qui agace quelque peu le chef de l’État.
L’autre sujet qui motivait cette visite, c’est l’examen, au cours de cette semaine, en Conseil de défense, d’un rapport circonstancié, jusque-là classifié « confidentiel défense », sur la stratégie d’entrisme islamiste – notamment frériste – pour conquérir, en France, les cœurs et les esprits.
Ce mercredi 21 mai, deux réunions successives auront lieu pour traiter de ces deux sujets brûlants : les relations avec le régime algérien, la question des Frères musulmans en particulier et de l’islam politique de manière générale. Si certaines voix affirment que le président veut enterrer ce rapport accablant sur la question islamiste, d’autres sources nuancent et soulignent qu’en vérité, « il ne sait pas quoi faire » ni comment agir sur les deux sujets, Algérie et islamisme.
Il faudra trouver une ligne de crête en défendant des positionnements républicains fermes, clairs et cohérents, sans compromettre certaines relations avec des pays alliés, sponsors néanmoins de l’islamisme, sans mettre en péril l’ordre public ni hypothéquer, pour très longtemps, les relations entre la France et l’Algérie. Sur ce dernier sujet, la situation ne cesse d’empirer à cause de la politique agressive prônée par Alger et les barbouzeries auxquelles s’adonnent les services de Tebboune sur le territoire français. Tout ceci explique probablement les exercices d’équilibriste du locataire de l’Élysée.
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