
« On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas tout d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure », écrivait Bernanos dans La France contre les robots. La première homélie du pape Léon XIV, prononcée le 9 mai, revêtait des accents bernanosiens. Au cœur de la chapelle Sixtine, le successeur de Pierre soulignait la difficulté « de témoigner et d’annoncer l’Évangile » et déplorait l’« athéisme de fait » de certains catholiques de notre temps : « Le manque de foi entraîne souvent des drames tels que la perte du sens de la vie, l’oubli de la miséricorde, la violation de la dignité de la personne sous ses formes les plus dramatiques, la crise de la famille et tant d’autres blessures dont notre société souffre considérablement », déclarait-il.
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« Le pape Léon XIV n’est pas un homme de camps politiques »
Dans la droite ligne de Léon XIII, le cardinal Robert Francis Prevost s’est posé en défenseur de la dignité humaine face aux assauts de la modernité. Deux biographies, écrites en un temps record, paraissent pour donner à connaître son parcours et sa personnalité : Léon XIV, l’apôtre de paix, de Samuel Pruvot et Marc Leboucher (Salvator), et Léon XIV, le successeur inattendu, de Christophe Henning (Artège). Afin de comprendre la direction que prendra son pontificat, les deux ouvrages insistent sur sa filiation à celui qui fut surnommé le « pape des ouvriers ». « Auteur de 86 encycliques, Léon XIII a particulièrement œuvré pour la définition de la doctrine de l’Église avec son encyclique Rerum novarum, écrite en 1891, qui promeut la justice sociale et la dignité de la personne humaine », explique Henning. Le pape a rapidement confirmé cette filiation en soulignant la nécessité de répondre aux développements de l’intelligence artificielle, l’autre révolution industrielle qui vient.
Pour l’Américain Patrick Kelly, chevalier suprême de l’ordre de Christophe Colomb – la plus grande organisation catholique de bienfaisance au monde –, qui témoigne auprès de Samuel Pruvot et de Marc Leboucher, « le pape Léon XIV n’est pas un homme de camps politiques. C’est un bâtisseur de ponts. Il prolonge la vision de Léon XIII dans notre présent – tout comme Jean-Paul II l’a fait avec son encyclique Centesimus annus, publiée en 1991 pour le centenaire de Rerum novarum ».
Léon XIV parviendra-t-il à rendre à l’Église l’unité dont elle a tant besoin ? Alors que son élection intervient au cœur de l’Année sainte du Jubilé d’espérance consacré par François, tout donne à espérer. Sa mission est grande, mais rien n’est impossible à celui qui croit.
Léon XIV, L’apôtre de la paix, Samuel Pruvot et Marc Leboucher, Salvator, 164 pages, 13,90 euros.
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Léon XIV, Le successeur inattendu, Christophe Henning, Artège, 160 pages,12,90 euros.
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