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Julien Clerc au JDD : «Je passe du sauté de veau au piano»



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20 Mai 2025
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Julien Clerc au JDD : «Je passe du sauté de veau au piano»
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Drôle d’oiseau. C’est ainsi qu’il avait d’abord songé à intituler son nouvel album, d’après une chanson composée avec son vieux complice David McNeil. Finalement, ce sera Une vie pour ce disque scellant ses retrouvailles avec Benjamin Biolay, à l’écriture et à la réalisation. Dominé par les textes de Paul Ecole (l’auteur des « Parvis », premier single), il renouvelle le numéro d’équilibriste depuis qu’Étienne Roda-Gil a quitté le navire : parvenir à se raconter par la force de ses mélodies à travers un panel d’auteurs composites, de Serge Lama à Gaëtan Roussel en passant par Didier Barbelivien.

Julien Clerc se fait tour à tour espiègle (« Ça n’arrive qu’à moi »), coquin (« Duke ») ou grave (« Les Yeux noirs », sur la maladie d’Alzheimer) jusqu’à la déambulation finale aux accents lyriques et solennels du grand Julien Clerc, « Mes Nuits de centre-ville ». Nous le retrouvons à Paris alors qu’il est reparti vivre à Londres. Comment croire que l’homme devant nous aura bientôt 78 ans ? Le piano, ça conserve, mais pas seulement…

Le JDD. C’est vous, paraît-il, qui faites la cuisine à la maison. Cette activité vous aide-t-elle à composer ?

Julien Clerc. Oui, en période de création, je passe du sauté de veau au piano, comme dit l’une de mes filles. Pendant une heure ou deux, je laisse les mélodies mijoter dans ma tête. Parfois, gentiment, mon épouse Hélène propose de m’aider. Mais j’ai besoin d’être seul dans ces moments-là.

Êtes-vous étonné de continuer à trouver de nouvelles musiques ?

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J’ai dû composer mes premières mélodies en 1966. À chaque album, c’est miraculeux. Pourtant, j’ai toujours l’impression d’être au pied de la montagne, et je me demande comment j’arriverai à la franchir. Et ça fait plus de cinquante ans que ça dure ! Depuis mon premier album, en 1968, il y a eu des crus plus ou moins puissants. Je crois que celui-ci est bon.

Même pour un piètre musicien, rien qu’en posant ses doigts sur le clavier d’un piano, ça sonne énorme.

Mais j’ai plus travaillé qu’à l’accoutumée. J’ai commencé lors de ma dernière tournée. Pierre Lapointe m’avait apporté un texte, que l’on retrouvera sur la réédition du disque. Pendant que l’équipe se sustente au catering, moi je reste seul dans ma loge avec mon piano. C’est un moment que j’adore, sur le coup de 19 heures.

Vous arrive-t-il de prendre la guitare pour composer ?

J’ai essayé d’en jouer, j’ai même pris des cours, mais rien à faire : ça reste définitivement pour moi un instrument barbare. La logique de cet instrument m’échappe, contrairement au piano. Là, c’est simple : des touches blanches et noires. En bas, les graves ; en haut, les aigus. Même pour un piètre musicien, rien qu’en posant ses doigts sur le clavier, ça sonne énorme. À la guitare, il faut s’accrocher pour faire de beaux accords. Dès que j’en jouais, j’avais le droit à des plaintes de ma famille !

Dix-sept ans après l’album Où s’en vont les avions ? (2008), vous retrouvez Benjamin Biolay. Lui avez-vous donné des directions artistiques ?

Non, pas besoin, il comprend tout. Sachant qu’il respecte ma musique, en plus de sa sensibilité et de sa grande culture musicale, je n’avais aucun doute. D’ailleurs, je ne voulais que lui. Benjamin a pris de l’assurance, il a gagné en savoir-faire. Et il sait s’entourer des meilleurs musiciens et preneurs de son.

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On a commencé par faire le tour de mes chansons en les enregistrant au piano. Puis, il est reparti avec mes maquettes et on a tout construit, titre par titre, autour de ma voix.

Le choix des tonalités est-il important ?

Primordial, tout comme celui des tempos. Ce sont elles qui restituent l’ambiance d’une chanson. Comme je travaille ma voix, j’ai la chance de pouvoir composer dans des tonalités élevées si j’en ai envie. Dans « Les Parvis », par exemple, je flirte avec mes notes les plus hautes. C’est une coquetterie que je défends sur scène : je continue à jouer mes chansons comme à l’origine.

Comment est née celle qui rend hommage au compagnon d’Agnès Lassalle, la professeur d’espagnol assassinée le 22 février 2023 par un élève à Saint-Jean-de-Luz ?

Comme tout le monde, j’avais entendu parler de ce tragique fait divers, mais sans connaître la vidéo où l’on voit son compagnon danser autour de son cercueil à ses obsèques. Paul Ecole me l’a envoyée en même temps que le texte qu’il avait écrit sur une de mes musiques. C’est un moment de vérité bouleversant que de voir cet homme, Stéphane Voirin, prôner encore la vie alors qu’il est frappé de douleur.

Dès que j’ai su que nous allions la publier, je me suis senti un devoir de lui téléphoner : il s’agissait de sa vie. Je dois dire que j’étais dans mes petits souliers. Mais il m’a tout de suite mis à l’aise : « Allez-y, ne vous censurez pas ! » Puis nous avons eu une conversation formidable : il m’a beaucoup parlé de sa femme, de leur vie et des mondes qu’elle lui avait ouverts, dont celui de la danse.

Est-il fréquent que vos chansons s’inspirent de l’actualité ?

Bien sûr, je suis au courant de ce qui se passe dans le monde. Je suis avide de journaux et je regarde beaucoup de documentaires à la télévision. Il m’est arrivé d’imposer des thèmes à mes auteurs : ça a été le cas avec « L’Assassin assassiné », un texte contre la peine de mort signé de Jean-Loup Dabadie, ou bien « Double Enfance », une chanson sur le divorce que m’a offerte Maxime Le Forestier.

N’oublions pas que j’avais été confié à mon père après le divorce de mes parents. C’était rarissime à l’époque, en 1948 ou 1949.

Sinon, je ne demande jamais rien à ceux qui écrivent pour moi : je m’intègre à ce qu’ils veulent raconter. L’idée me plaît qu’ils se servent de moi comme d’un passeur afin de me faire dire des choses de la vie.

Cependant, vous avez commandé un texte sur votre frère, Gérard Leclerc, décédé le 15 août 2023, dans un accident d’avion : « Saint-Nazaire »…

Sa disparition reste un mystère. J’ai eu beau éplucher le rapport de l’aviation civile, je ne saurai jamais ce qu’il s’est passé. Même s’ils peuvent tirer des conclusions minute par minute, un doute persiste sur ce drame. A-t-il paniqué ? Eu une attaque ? Ou bien s’est-il tout simplement perdu dans le brouillard ? C’est mon hypothèse. Paul Ecole ne connaissait rien de ma vie et, pourtant, il a réussi à écrire un texte qui nous ressemble dans toute notre pudeur.

Avez-vous l’impression d’avoir perdu, avec votre frère, l’un des derniers témoins de votre vie ?

Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à mes parents. Maintenant, c’est à mon frère. Nous avions quatre ans d’écart. Il n’est pas dans l’ordre des choses que le plus jeune parte en premier. De loin, Gérard a été le plus proche de mes frères et sœurs. Tout d’abord, parce que nous avons partagé la même chambre durant notre enfance. N’oublions pas que j’avais été confié à mon père après le divorce de mes parents. C’était rarissime à l’époque, en 1948 ou 1949.

La séparation avait été extrêmement violente : elle opposait un normalien à une fille d’ouvrier. Mon père s’était constitué un épais dossier et ma mère avait été moins bien défendue. Profondément, mon père voulait la garde. Il s’est vraiment battu pour l’avoir et peut-être que ma mère le souhaitait moins. Comment dire ? Dans leur couple, c’est lui qui commandait. Il avait fait de brillantes études, elle était la fille de la femme de ménage et ils avaient quinze ans de différence. Toute sa vie, elle a conservé une admiration pour lui. Mais il y avait cet écart de classes sociales.

Récemment, ma sœur, qui a hérité de la maison de notre père à Bourg-la-Reine, m’a remis une valise avec toutes les archives du divorce. Jusque-là, je n’avais que la version de ma mère : mon père était très pudique sur le sujet. Il ne l’a abordé que lorsque je me suis marié à mon tour. Durant toute mon enfance, la vie chez ma mère avait été un sujet tabou. Pourtant, tous les vendredis soirs, je me rendais chez elle, porte d’Orléans. Et Gérard était le seul à partager cette partie de ma vie.

Et vous, quel père êtes-vous devenu ? C’est le sujet de la chanson écrite par Didier Barbelivien, « Un père c’est fait pour ça »…

Jean-Loup Dabadie m’avait écrit une chanson sur ma fille, « Angèle ». Autrement, c’est la première fois que j’aborde ce thème. Au départ, j’avais demandé à Didier de m’écrire une chanson inspirée de mon histoire avec Hélène : un homme aime une femme plus jeune. Le soir du 31 décembre, il m’a présenté son texte. Mais j’ai eu beau l’essayer trois ou quatre fois, je n’arrivais pas à me le mettre en bouche. Didier a dû s’en rendre compte, mais je ne voulais pas gâcher notre soirée du réveillon.

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Après le dîner, en attendant de nous embrasser pour la nouvelle année, nous avons décidé de faire un jeu de société. Comme Didier déteste cela, je l’ai vu partir avec son verre. Deux heures plus tard, il est revenu avec un nouveau texte. Il avait tout réécrit pendant que nous jouions : c’était désormais l’histoire d’un père qui console sa fille.

On reste dans le registre de l’autoportrait ?

Depuis l’âge de 20 ans, ma vie consiste à écrire des chansons, à les enregistrer et à partir en tournée. Au milieu de tout ça, ou bien autour, c’est comme on veut, j’ai essayé de me construire une vie privée. Avec l’ambition de ne pas être un fruit sec, c’est-à-dire un type qui ne pense qu’à lui, j’ai voulu tout avoir : à la fois mon art et une existence qui ressemble à quelque chose, avec de l’amour et des enfants. Durant les premiers temps, j’ai dû ressembler à mon père : j’étais plus sévère et abrupt que je ne l’ai été avec mes derniers enfants. C’est ce que m’a dit ma fille Angèle dernièrement.

Comme Jeanne, elle a dû essuyer les plâtres. Mais j’étais sûrement à l’époque un homme plus pressé qu’aujourd’hui. Et ce métier ne me permettait pas d’être un papa comme tous les autres : quand on est artiste, on ne rentre pas tous les soirs à 19 h 30, on est davantage absent. Puis on impose ses séparations… Malgré tout, je constate que le plus important est là : quand on se réunit, y compris en présence de mamans qui sont différentes, on reste une famille unie avec une fratrie qui aime aussi à se voir en dehors de moi.

Carla Bruni (« Toi et moi ») est la seule auteur de l’album. Avec Françoise Hardy, elle est l’une des rares femmes à avoir écrit pour vous…

Elles ne sont pas nombreuses à mettre des mots sur la musique. Comme Françoise, j’aime sa faculté à pouvoir se glisser dans la voix d’un homme : ce n’est pas si évident. Il y a un côté dominant en elles. Mais ce n’est pas interdit que les femmes aient un côté masculin. Nous, les hommes, sommes bien capables de faire la cuisine !

J’ai voulu m’inscrire dans la lignée des artistes qui m’inspiraient et tous avaient réussi à durer

Êtes-vous étonné d’avoir une aussi longue carrière ?

Pas totalement. Dès le début, j’ai voulu m’inscrire dans la lignée des artistes qui m’inspiraient et tous avaient réussi à durer. C’était très présomptueux de ma part mais je ne me voyais pas faire juste un petit tour de piste. Bien sûr, j’aurais souhaité être capable d’écrire mes paroles. Mais, en définitive, n’être que compositeur a été une chance. Sinon, la source se serait peut-être tarie plus tôt… J’ai sans cesse été à la recherche de nouveaux auteurs qui puissent m’apporter du sang neuf.

Ce n’était pourtant pas gagné au début : lors de ma première audition chez CBS, le directeur artistique m’avait encouragé à chanter les chansons des autres car il n’aimait pas les miennes. Seule ma voix semblait lui plaire. Il m’avait alors rappelé pour me revoir une semaine plus tard. Et mes chansons ne lui plaisaient toujours pas. On était en pleine gestation avec Étienne Roda-Gil et Maurice Vallet. Heureusement qu’ils étaient là.


Une vie ★★★, Julien Clerc, Warner.

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