
Une prise de poste menée tambour battant. À peine élu à la tête des Républicains, Bruno Retailleau entend montrer qu’il s’occupe sérieusement – et rapidement – des affaires du parti. Ce mardi, malgré un agenda ministériel chargé, le nouveau patron est allé saluer les salariés et visiter le siège place du Palais-Bourbon. « On était peu invités avant », glisse un membre de son entourage. Retailleau en a profité pour acter ses premières décisions, essentiellement opérationnelles, comme la délégation de certaines signatures.
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Unité affichée, absences remarquées
« Unité » : le mot est sur toutes les lèvres des ténors arrivant au siège. Pourtant, l’absence de Laurent Wauquiez à cette première réunion du conseil stratégique ne passe pas inaperçue. Julien Aubert tente de rassurer : « Il ne sera pas un opposant interne ! » Agnès Evren, sénatrice de Paris, compatit : « En politique, il y a aussi de l’humain. Il a le droit d’être déçu. »
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Les 80 000 cartes d’adhésion enregistrées ces derniers mois donnent un peu d’espoir. « Nous n’étions nulle part il y a un an, nous sommes aujourd’hui le premier parti de France », se félicite Philippe Juvin. Jean-François Copé, lui, reste plus lucide : « La droite subit un désaveu à force d’accumuler les épreuves et les échecs.
Vers un renouvellement des figures ?
Repartir des idées : telle est la priorité affirmée des principales figures du parti. Valérie Pécresse appelle à l’élaboration d’« un vrai programme ». Michel Barnier, tout sourire, arrive au siège en soulignant que « la porte des Républicains est ouverte », en référence à Éric Ciotti, qui l’avait ostensiblement fermée en quittant le parti.
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Bruno Retailleau, son ancien ministre de l’Intérieur, lui propose alors de prendre la tête du conseil national, le parlement interne du parti. Barnier accepte. « Un geste symbolique », souffle l’entourage de Retailleau. Ce sera la seule nomination pour l’instant. D’autres devraient suivre, notamment pour le secrétariat général et la vice-présidence déléguée. Retailleau affirme vouloir que « chacun trouve sa place », tout en réclamant « un maximum de renouvellement ». Les mauvaises langues relèvent cependant que Michel Barnier n’incarne pas exactement le visage du renouveau…
L’ambiance est décrite comme « calme », « sereine », voire « crème », plaisante un participant. Retailleau, lui, dit vouloir « donner envie de droite » et « entretenir le feu sacré » avec les militants. Une manière aussi de garder mobilisés ceux qui n’ont adhéré que pour voter. Le Vendéen fixe deux priorités : préparer et remporter les municipales, et redonner de l’influence aux militants.
Après une heure de réunion, les sourires sont de mise. Jean-François Copé évoque « un premier jour pour une nouvelle étape ». Retailleau, lui, annonce un calendrier ambitieux : Congrès, conseil national, journées parlementaires et universités d’été. LR renoue avec les rituels de la politique, en espérant renouer avec les victoires.
Parler à la « France des honnêtes gens »
À la sortie, Retailleau s’arrête longuement devant la presse pour détailler sa feuille de route. Mais très vite, les questions glissent sur son autre casquette, celle de ministre de l’Intérieur. Il doit filer au Sénat, retrouver son ancien groupe parlementaire. Une sénatrice évoque « un moment émouvant pour tout le monde », l’occasion pour Retailleau de rappeler la nécessité de parler à « la France des honnêtes gens ». D’autres sénateurs, eux, se montrent plus circonspects.
Pas le temps de souffler : Retailleau est attendu à l’Assemblée. Comme l’avait prévenu Wauquiez, l’agenda va être chargé. Signe de détente entre les deux anciens rivaux, le président du groupe La Droite Républicaine a convié Retailleau à sa réunion hebdomadaire. Le duel s’est transformé en duo. Du moins, pour l’instant.
Sous les caméras, la mise en scène est millimétrée : le président du groupe, que ses députés viennent de reconduire à l’unanimité, accueille chaleureusement son ancien adversaire. Poignée de main appuyée, sourires convenus. « C’est l’heure de la réconciliation ? », lance un journaliste. « Oui », tranche Retailleau. Ils vécurent heureux et eurent – peut-être – l’unité…
La standing ovation est longue, les applaudissements nourris. Retailleau reprend alors la parole pour redire, presque mot pour mot, ce qu’il a déjà dit au Sénat. Le calendrier est désormais calé : nominations jeudi, bureau politique mercredi prochain, conseil national le 28 juin.
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