Ils sont mineurs ou à peine majeurs mais ont tous un point commun : ils sont hyperviolents et la justice n’a pas su empêcher leurs parcours de délinquance. En rupture avec tous les codes de la société et les règles de la vie en commun, ils pillent, volent, trafiquent, tuent sur commande, et désormais roulent sur ceux qui tentent de les arrêter.
Que ce soit à Évian, où un pompier volontaire a été percuté dans le dos par un multirécidiviste en plein rodéo urbain, à Paris, où une tentative de kidnapping s’est déroulée en pleine rue, à Meyzieu, où l’immeuble d’une cité a été rafalé à l’arme automatique pour faire régner la terreur. Bruno Retailleau, le nouveau patron de LR, estime que notre « société laxiste a engendré une fabrique de barbares ». Il n’a pas tort.
Le barbare, dans l’Antiquité, désignait tout étranger ne parlant pas le grec et s’en prenant à la civilisation grecque, devenue au fil des invasions la civilisation romaine. Les barbares étaient issus des peuples germains, Alamans, Burgondes, Vandales, Wisigoths, Ostrogoths. Des tribus ne vivant pas selon les codes d’un État structuré mais selon les règles du clan. La première d’entre elles étant la violence. Celle du chef qui s’impose par la force, le meurtre et la coercition.
« Il y a bien une loi qui règne en France, mais ce n’est pas la nôtre »
C’est se méprendre de penser que les nouveaux barbares qui ravagent la France de 2025 n’obéissent à aucune loi. Ils ne redoutent pas l’État français, ses policiers entravés dans chacune de leurs actions par une suradministration, ni ses tribunaux surchargés par la multiplication des procédures et le manque de places de prison. Mais ils craignent la loi brutale et sauvage du caïd qui les dirige, du narcotrafiquant qui les punit à coups de « jambisation » (tirer dans les jambes) ou de « barbecue » (être brûlé vif dans le coffre d’une voiture).
Il y a bien une loi qui règne en France, mais ce n’est pas la nôtre. Elle a été remplacée par un ordre mafieux, comme le montrent les derniers chiffres de la violence criminelle, supérieurs en France à ceux de la Belgique ou des Pays-Bas. Les assassinats et tentatives d’assassinat se multiplient entre délinquants (+33 % entre 2021 et 2024). Tous les territoires sont touchés, y compris les petites et moyennes villes.
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Autre fait marquant, le rajeunissement des voyous et le recours à la « sous-traitance », avec une main-d’œuvre recrutée sur les réseaux sociaux et messageries cryptées. Alors qui fabrique les barbares ? Le système judiciaire qui s’est entièrement tourné depuis trente ans vers la culture de l’excuse ? La famille nucléaire qui a explosé et ne sait plus élever ses rejetons, abreuvée de théories sur l’éducation positive et l’interdiction de punir, créant ainsi des générations d’individus guidés par leurs seules pulsions ?
Le trafic de stupéfiants à coup sûr, qui, du cannabis à la cocaïne, s’est développé en une gigantesque économie parallèle, se substituant aux structures de l’État, tout en rendant dépendants en un temps record des consommateurs de plus en plus nombreux. La partie n’est pas perdue mais elle nécessitera un douloureux effort d’éducation et des sanctions fortes et immédiates pour ces nouveaux barbares. Une tâche à laquelle veut se consacrer Bruno Retailleau, à condition d’en avoir les moyens, tant du côté de l’Élysée crépusculaire que d’une Assemblée parcellaire.
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