
Une distinction plus que symbolique. Emprisonné en Algérie depuis novembre dernier et condamné à cinq ans de prison, jugement dont il a fait appel, Boualem Sansal a reçu le prix mondial Cino Del Duca ce mercredi 21 mai. L’auteur franco-algérien est récompensé pour l’ensemble de son œuvre et pour sa détermination à faire entendre une parole libre. L’écrivain rejoint ainsi Andrei Sakharov, Léopold Sédar Senghor, Milan Kundera, Jorge Luis Borges ou Kamel Daoud.
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Doté de 200 000 euros par la Fondation Simone et Cino Del Duca (un éditeur de presse franco-italien), ce prix « rend hommage à la force d’un écrivain qui, par-delà les frontières et les censures, continue à faire entendre une parole libre, profondément humaniste et résolument nécessaire », a écrit le jury dans un communiqué. Le principe du prix, créé en 1969, est de couronner la carrière d’un auteur français ou étranger dont l’œuvre constitue un message « d’humanisme moderne ».
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« Boualem Sansal s’est imposé comme une voix incontournable de la littérature contemporaine »
« Romancier majeur de la scène francophone, Boualem Sansal s’est imposé au fil des années comme une voix incontournable de la littérature contemporaine », a estimé le jury. « Avec un courage rare et une plume d’une grande élégance, son œuvre traduit son engagement indéfectible envers notre langue commune et les valeurs qu’elle porte. Par ce choix, nous rappelons également notre attachement à la liberté de création et de publication, à la protection de la vie culturelle et du débat intellectuel », a-t-il ajouté.
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L’auteur de 2084, âgé de 80 ans, a été condamné en mars pour des déclarations au média Frontières, dans lesquelles il estimait que l’Algérie avait hérité sous la colonisation française de territoires appartenant jusque-là au Maroc. Son procès en appel est prévu le 24 juin. En outre, l’écrivain est l’objet d’une lutte diplomatique entre la France et l’Algérie. Les deux pays traversent depuis l’été 2024 une crise considérée comme l’une des plus graves depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, liée notamment à la question du Sahara occidental. Elle est marquée par le gel de toutes les coopérations et par plusieurs séries d’expulsions de fonctionnaires de part et d’autre.
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