
Le Royaume-Uni pourrait franchir un cap inédit dans la lutte contre les violences sexuelles. Jeudi 22 mai, la ministre de la Justice Shabana Mahmood a annoncé devant les députés qu’elle étudiait la possibilité de rendre obligatoire la castration chimique pour certains délinquants sexuels. Une mesure choc, déjà testée sur la base du volontariat depuis 2022 dans le sud-ouest de l’Angleterre, mais qui pourrait être généralisée, rapporte l’AFP.
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« J’examine la possibilité de rendre ce dispositif obligatoire », a-t-elle déclaré, précisant qu’un déploiement national débutera dans deux régions et concernera vingt établissements pénitentiaires. Le traitement, fondé sur l’administration d’inhibiteurs de libido, vise à réduire les risques de récidive, tout en désengorgeant un système carcéral sous forte pression.
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Cette annonce s’appuie sur un rapport indépendant publié le même jour, consacré à la politique de détermination des peines. Selon ce document, le Royaume-Uni pourrait faire face à un déficit de 9 500 places de prison d’ici 2028. Le texte préconise notamment de poursuivre le recours aux traitements chimiques pour les détenus souffrant de troubles du désir sexuel. Un message également relayé par Downing Street. Le porte-parole de Keir Starmer a justifié la démarche par des données scientifiques « claires sur le fait que les traitements chimiques peuvent être efficaces pour traiter les délinquants dangereux ».
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La ministre de la Justice a toutefois insisté sur la nécessité de maintenir un accompagnement thérapeutique : « Les traitements psychologiques restent essentiels, notamment pour les auteurs poussés par un besoin de pouvoir ou de domination plutôt que par un désir sexuel. »
Si la castration chimique est déjà utilisée à des degrés divers en Allemagne, en Pologne, en Corée du Sud ou encore dans certains États américains, son éventuelle obligation divise outre-Manche. « Il y a des considérations éthiques évidentes », a averti Pia Sinha, directrice de l’ONG Prison Reform Trust. Le pénaliste Marcus Johnstone, lui, s’interroge : « Cela ne réglera rien sur le long terme » si l’accompagnement psychologique n’est pas renforcé.
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Le rapport remis au gouvernement recommande également la création de tribunaux spécialisés dans les violences domestiques et un recours accru au bracelet électronique pour les auteurs de violences envers les femmes. Au 31 mars 2025, 14 863 personnes étaient détenues pour des infractions sexuelles en Angleterre et au Pays de Galles. Elles représentent à elles seules 21 % de la population carcérale adulte, un chiffre qui alimente la pression sur l’exécutif travailliste pour accélérer les réformes.
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