
Il était une fois un maharadjah, une belle endormie et des pieds de vigne. Hélas, après trois siècles d’élaboration d’un vin reconnu, le château Galoupet vivotait sous le règne de la fortune indienne et, celui qui était depuis 1955 un des dix-huit crus classés Côtes de Provence perdit son prestige. Mais, comme dans un conte de fées, 2019 marqua l’arrivée du sauveur, lorsque Moët Hennessy racheta les 77 hectares du domaine Galoupet.
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Démarche régénérative
Pour les nouveaux propriétaires, ce coin de paradis, plongeant dans la Méditerranée et en face des îles de Port-Cros et Porquerolles, ne saurait être abîmé : dès le début, le cap est donné, le rosé sera de haute qualité et la démarche s’inscrira dans le respect de la biodiversité. Plus que ça, Mathieu Meyer, directeur du domaine, décrit par le menu la démarche régénérative du domaine : installation de 100 ruches suivie d’un partenariat dès 2019 avec l’Observatoire français d’apidologie (dédié à la protection des abeilles), valorisation des déchets, consignage dans les restaurants, création d’une bouteille ultralégère (voir encadré), semis de fleurs mellifères…
« Un grenache n’exprimera pas la même chose au nord ou au sud du domaine »
Quant aux vignes, on y retrouve le grenache évidemment, le cinsault, le rolle, le syrah mais aussi le très bordelais sémillon et le tibouren, un cépage rapporté de Chaldée par les Romains dans la Provincia Romana et aujourd’hui emblématique de la Provence. Le cru classé, lancé en 2022, comme le G de Galoupet sorti cette année, profite de l’expertise de Mathieu Meyer : pour laisser s’exprimer les ceps, il a opté pour une vinification parcellaire. « Un grenache n’exprimera pas la même chose au nord ou au sud du domaine », explique-t-il. Un choix radical qui semble évident à cet ingénieur agronome qui a passé sept ans en Champagne, où la pratique est plus courante. Le résultat est là : des vins de très haute tenue, qui vivent et qui accompagnent les grandes tables.
Signe de son ambition, le domaine inaugurera en juillet un « brand home », l’occasion pour le public de découvrir le vignoble et son approche enracinée. Le paradis n’a jamais été aussi vert et ouvert !
G de Galoupet : Flacon léger, saveur plurielle
Ce tout premier G de Galoupet tient les promesses de la maison : il est respectueux de l’environnement, pour le meilleur du terroir. Le vin est tiré dans une bouteille opaque pour conserver les arômes et elle est l’une des plus légères au monde : chaque flacon utilise 300 grammes de verre contre 500 grammes habituellement et est composé de 85 % de verre recyclé. Cerise sur la bouteille, celle-ci bannit tout aluminium et tout plastique, leur préférant une bandule (bandelette-capsule) en papier. Pour le millésime 2024, G de Galoupet est issu de vignes du bord de mer et de l’arrière-pays, conférant à la cuvée fraîcheur et complexité. Comme pour le cru classé, chaque parcelle est cultivée de nuit et vinifiée séparément.
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Le résultat est pluriel et délicat, quoique riche de saveurs complémentaires : on retrouve les fruits exotiques (ananas, très finement), les agrumes (pomelos, présent sans dominer), les fruits rouges (touches de framboise), avec une note de fin légèrement saline, Méditerranée oblige. C’est de cette diversité gustative associée à une belle longueur en bouche, surprenante pour un rosé, qu’on peut tirer des accords méditerranéens, comme poissons blancs (une daurade au fenouil et citron ?) ou salades fraîches (relevées à la grenade ?).
Bouteille 75 cl, prix de vente : 20 euros.
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