
L’heure est grave, mais la confiance s’effrite. Tandis qu’Emmanuel Macron réunissait mercredi un Conseil de défense consacré à la lutte contre l’entrisme islamiste, une large majorité de Français exprime son scepticisme quant à l’efficacité de l’action présidentielle en la matière. Selon un sondage CSA réalisé pour CNews, le JDD et Europe 1, 71 % des personnes interrogées déclarent ne pas faire confiance au chef de l’État pour « lutter efficacement contre l’islam radical ».
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Une défiance massive, qui transcende les clivages habituels. Si les sympathisants de Renaissance lui demeurent fidèles à 78 %, et ceux du Parti socialiste à 40 %, les autres électorats se montrent nettement plus critiques. Ainsi, 76 % des sympathisants Les Républicains, 77 % d’Europe Écologie-Les Verts, 81 % du Rassemblement national et 87 % de La France insoumise désavouent Emmanuel Macron sur ce terrain.
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La fracture est également générationnelle. Le président recueille encore la confiance de 40 % des 18-24 ans, mais ce chiffre chute à 26 % chez les 25-34 ans, 22 % chez les 35-49 ans, et 25 % chez les 50-64 ans. Les femmes (73 %) se montrent également plus défiantes que les hommes (69 %), tout comme les catégories populaires (77 % de défiance chez les CSP -) par rapport aux CSP + (59 %).
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Le scepticisme de l’opinion intervient alors même que l’exécutif tente de reprendre la main. Lors du Conseil de défense et de sécurité nationale réuni à l’Élysée, les services de l’État ont alerté sur l’ampleur de la menace posée par les Frères musulmans et leur stratégie d’infiltration à l’échelon local. « Une menace pour la cohésion nationale », a résumé un communiqué de la présidence, qui évoque un islamisme rampant, « par le bas », aux visées subversives et anti-républicaines.
Mais cette réunion n’a manifestement pas convaincu jusqu’au sommet de l’État. Emmanuel Macron a lui-même jugé les propositions ministérielles « insuffisantes », et a demandé au gouvernement de présenter de nouvelles mesures lors d’un prochain Conseil de défense, prévu début juin. Une manière de signifier que, sur ce dossier explosif, le compte n’y est pas.
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Alors que 81 % des Français, selon une autre enquête CSA à paraître, estiment que la lutte contre l’islam radical devrait constituer une priorité du gouvernement, le président joue gros. À défaut d’avoir convaincu jusqu’ici, il lui faudra désormais démontrer, dans l’action, qu’il a saisi l’ampleur de la menace.
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