
Mai 2024. Gérald Darmanin s’affiche en une du Journal du Dimanche : « La riposte face aux Frères musulmans ». Le ministre de l’Intérieur de l’époque n’est pas le premier à s’alarmer de l’emprise de cette confrérie islamiste. Le sujet a déjà été décortiqué par des gens souvent ignorés, parfois même accusés. Mais cette fois-ci, le ministre de l’Intérieur promet de frapper fort. Emmanuel Macron vient de commander un rapport d’évaluation de la menace en Conseil de défense. Un an plus tard, ledit rapport est déclassifié. En réalité, le document dormait sur le bureau présidentiel depuis l’automne : le chef de l’État l’a lu, digéré. Et l’a mis sous le tapis.
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Pourquoi ressort-il aujourd’hui ? Parce que le successeur de Gérald Darmanin, Bruno Retailleau, s’est battu pour que le rapport ne soit pas oublié. Comme pour le remercier, Emmanuel Macron s’est énervé cette semaine, jugeant les propositions du gouvernement en deçà de « la gravité des faits ». Une gravité que perçoivent très clairement les Français. Selon un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD, 81 % des Français estiment que la lutte contre l’islam radical doit être une priorité du gouvernement. Mais 71 % d’entre eux ne font pas confiance à Emmanuel Macron pour mener ce combat… En attendant, le rapport confirme une entreprise d’islamisation de la société française déjà bien entamée : tous les aspects de la vie quotidienne sont désormais pris en charge par les Frères musulmans. La France a laissé prospérer une contre-société religieuse, politique, culturelle, sociale, associative, sportive, éducative… qui a été pensée voilà soixante-dix ans, dans les pays d’implantation des Frères musulmans – et depuis adaptée à la conquête de l’Occident. À l’extrême gauche de l’échiquier, certains ont immédiatement hurlé au complotisme ou à… l’islamophobie.
Le manuel explique aussi que le croyant musulman « se doit de réformer ses proches et sa société ». D’islamiser la France, en résumé
C’était sans compter sur la révélation, par Le Point, d’un manuel rédigé par la mouvance frériste elle-même – le document est estampillé Union des organisations islamiques de France (UOIF) – à destination des musulmans français. Le message qu’on y trouve ne dit rien d’autre que le rapport : « L’adoration de Dieu (Exalté) s’étend à la vie tout entière et en régit tous les aspects : de la manière de boire et de manger ou de faire ses besoins jusqu’à la construction de l’État, à la politique et à l’économie. » Le manuel explique aussi que le croyant musulman « se doit de réformer ses proches et sa société ». D’islamiser la France, en résumé. Avec deux avantages considérables : une immigration récente massivement musulmane et une détermination sans faille à réussir cette entreprise d’assimilation dans un pays qui, lui, a renoncé à le faire. Mais le rapport n’aborde pas la question de l’immigration, ni celle de l’assimilation, et ne puise ni dans l’histoire ni dans la culture française pour répondre. Il liste quelques préconisations étonnantes – apprentissage de l’arabe à l’école ou reconnaissance de l’État de Palestine –, mais prévient toutefois que « les valeurs de la République » ne suffiront pas à contrer le « grand récit » proposé par les islamistes. Ceux des Frères musulmans et, de façon plus générale, celui qu’imposent toutes les mouvances islamistes détaillées dans ce dossier.
Emmanuel Macron a réclamé des mesures au mois de juin. Il y aura probablement des propositions d’interdictions et de contraintes nécessaires. Mais il restera une question entière, qui devrait mobiliser l’intégralité des ministères : que voulons-nous, exactement, protéger de cette islamisation ? Quelques valeurs aux définitions de moins en moins communes ou un mode de vie, de penser, de se comporter, c’est-à-dire une culture et des mœurs françaises ?
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