
Vêtements, éducation, thérapie conjugale ou psychologie, l’idéologie frériste pénètre tous les champs de la société. Dans le rapport sur l’entrisme et l’islamisme politique déclassifié cette semaine, la façon dont ce courant de pensée rigoriste cherche à « encadrer la vie du musulman », en investissant des domaines jusqu’alors exclus de la sphère religieuse, est exploré. « Les voyages, le développement personnel, l’aide à l’emploi ou les sites de rencontres font partie de l’éventail des activités développées », écrivent ainsi les rédacteurs – un ambassadeur et un préfet – du rapport. Dans une précédente note, le renseignement territorial alertait, déjà, sur l’émergence d’une nouvelle tendance, la « mode pudique », une pratique vestimentaire consistant à cacher sa awra, c’est-à-dire son intimité. Largement relayée par toute une galaxie d’influenceuses islamiques, la modest fashion a gagné les grandes marques de luxe, mais aussi les stars des réseaux sociaux. Cette semaine, à Cannes, l’influenceuse aux 4 millions d’abonnés, Léna Mahfouf, défilait par exemple drapée d’une robe « modeste » rappelant la traditionnelle abaya féminine.
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Mais au-delà de la mode, les Frères musulmans tentent d’islamiser des secteurs d’activité particulièrement porteurs en Occident, comme la psychologie ou le développement personnel ; afin de les faire conformer avec le dogme islamique. D’après nos informations, le renseignement intérieur s’inquiète d’une « offensive sur le terrain de la psychologie, mêlant textes coraniques et analyses psychologiques ». À la tête de ce phénomène, Ali Habibbi, chercheur en « psychologie islamique ». Fervent défenseur du désormais dissous CCIF, Ali Habibbi diffuse des conférences visionnées par des millions d’internautes sur la psychologie islamique, notamment par l’intermédiaire de l’International Students of Islamic Psychology. Cette mouvance internationale organisait en France, cette semaine, une conférence sur « l’impact de l’islamophobie sur la santé mentale ». Une marotte que le rapport commandé par le ministère de l’Intérieur pointe du doigt comme un outil de « victimisation » au service d’une « stratégie d’entrisme ».
Le frérisme est un projet global qui accompagne toute la vie de ses fidèles, depuis le moindre détail quotidien jusqu’à l’enracinement dans un récit historique
En plus d’investir le domaine du bien-être, la pensée frériste, via ses différentes antennes françaises, s’attelle également à encadrer les fidèles dans un cercle communautaire répondant à chaque moment de la vie quotidienne. Du droit des consommateurs au lobbying du halal, en passant par l’éducation, ou le sport – avec cette vitrine militante des « hijabeuses », régulièrement médiatisées pour leur combat judiciaire en vue d’imposer le port du voile au sein des fédérations nationales. Bref, le frérisme est un projet global qui accompagne toute la vie de ses fidèles, depuis le moindre détail quotidien jusqu’à l’enracinement dans un récit historique. Ce qui n’a pas échappé aux rapporteurs : « Un nouveau discours public sera probablement nécessaire, qui ne cantonne pas la République à la laïcité et soit de nature à proposer les ferments d’une amitié civique. » Les islamistes proposent un grand récit, face auquel les « valeurs de la République » ne suffisent pas. »
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