Al-Qaïda, État islamique, Boko Haram, Al-Shabaab… Ces groupes terroristes sont reconnus en 2025 par l’ONU comme représentant une menace significative pour la stabilité et la sécurité en Afrique. Leurs activités incluent des attaques contre les civils, les forces de sécurité et les infrastructures critiques. Pour contrer leur influence et restaurer la paix dans les régions affectées, les États africains augmentent leurs efforts, notamment à travers des achats d’équipements militaires de plus en plus importants.
Cependant, la menace terroriste n’explique pas à elle seule la porosité du deuxième plus grand continent de la planète, après l’Asie. En effet, certaines nations s’affrontent également sur le plan régional. C’est notamment le cas entre le Maroc et l’Algérie. Les relations entre ces deux pays du Maghreb sont marquées, depuis 2023, par des différends diplomatiques, économiques et culturels, principalement autour de la question du Sahara occidental. Plus à l’Ouest, en septembre 2024, les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso se sont tendues, marquées par des accusations mutuelles de tentatives de déstabilisation.
Ces événements ne sont pas isolés et les tensions existent aux quatre coins du continent. Ils poussent les nations africaines à investir massivement dans leur défense. Voici un classement subjectif du JDD, basé sur les budgets, les capacités matérielles, les effectifs et l’opérabilité des armées.
7. Rwanda
En 2024, le Rwanda a alloué environ 175,9 millions de dollars à ses dépenses militaires, représentant 1,27 % de son PIB et 4,55 % du budget national. Ce portefeuille, bien que modeste à l’échelle mondiale, est en augmentation constante depuis une décennie, reflétant une volonté de modernisation et de professionnalisation des forces armées. Les Forces rwandaises de défense (FRD) comptent environ 30 000 militaires actifs selon le Military Balance 2024, un chiffre stable depuis plusieurs années. Malgré cette taille relativement réduite, le Rwanda est l’un des principaux contributeurs aux missions de maintien de la paix des Nations unies, avec plus de 5 000 soldats déployés en République centrafricaine, au Mozambique et au Soudan du Sud, renforçant ainsi son influence régionale.
Des Forces rwandaises reconnues pour leur professionnalisme
Les FRD sont reconnues pour leur professionnalisme et leur efficacité opérationnelle. Elles disposent notamment de deux bataillons de chars d’assaut, de quatre divisions d’infanterie et d’une brigade d’artillerie. En termes d’équipement, leur arsenal compte une trentaine de chars de combat. Cependant, leur composante aérienne est relativement faible avec seulement quelques hélicoptères, un avion de transport et quelques drones turcs.
La suite après cette publicité
6. Éthiopie
En 2024, l’Éthiopie a dépensé environ 2,1 milliards de dollars pour sa défense, marquant une augmentation significative par rapport aux années précédentes. Les Forces de défense nationale éthiopiennes comptent environ 500 000 militaires actifs en 2025, ce qui en fait l’une des plus grandes armées d’Afrique en termes d’effectifs. L’équipement terrestre de l’Éthiopie est principalement d’origine russe, ukrainienne, chinoise et nord-coréenne. Selon le Military Balance 2024, le pays dispose de plus de 200 chars, et d’une trentaine d’hélicoptères de combat. En janvier 2024, Addis-Abeba a également reçu des avions de chasse russes Sukhoi Su-30K « Flanker ».
L’armée éthiopienne, officiellement connue sous le nom de Forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE), est engagée dans plusieurs opérations militaires internes et régionales. Elle a notamment lancé en novembre 2020 une offensive contre le Front de libération du peuple du Tigré dans cette même région, soutenue par des forces érythréennes et des milices. Des rapports ont documenté de graves violations des droits de l’Homme, notamment à Bora en janvier 2021, où les FDNE sont accusées d’avoir tué plus d’une centaine de civils.
5. Tchad
En 2024, les dépenses militaires du Tchad ont atteint environ 557,7 millions de dollars, soit 4,2 % du PIB. Cette hausse reflète la volonté des autorités de renforcer leurs capacités dans un contexte de retrait des partenaires étrangers. Les Forces armées tchadiennes comptent environ 30 000 soldats actifs selon The Military Balance 2024. L’armée de terre constitue la principale composante, avec 27 000 militaires. Le Tchad dispose également d’une force aérienne et d’une gendarmerie. Il est reconnu pour son taux élevé de militarisation.
L’armée tchadienne est connue pour sa capacité d’intervention rapide et efficace, notamment contre le terrorisme et les groupes armées djihadistes. Le pays, dirigé par le général Mahamat Idriss Déby, joue un rôle central dans la lutte contre Boko Haram au Sahel. En octobre 2024, une attaque du groupe terroriste contre une base tchadienne a causé la mort de 40 soldats. En 2024, le Tchad a mis fin à ses accords de coopération militaire avec la France, entraînant le retrait progressif des troupes françaises.
4. Nigeria
Première puissance démographique du continent, le Nigeria fait face depuis plusieurs années à la nébuleuse terroriste Boko Haram, ainsi qu’à l’État islamique. Avec un budget de défense de 3,1 milliards de dollars en 2025, selon l’indice Global Fire Power, le pays dispose de l’armée la plus puissante d’Afrique de l’Ouest. Il aligne 143 000 militaires actifs répartis entre les trois armées. Il compte aussi sur une gendarmerie et des forces paramilitaires regroupant plus de 80 000 hommes, selon The Military Balance 2024. Côté matériel, il possède 66 hélicoptères de combat, 330 chars et plus de 8 000 véhicules blindés. Sur le plan naval, Abuja dispose d’une frégate et d’une dizaine de patrouilleurs. La Force aérienne nigériane (NAF), avec environ 147 aéronefs et 18 000 personnels, est l’une des plus puissantes d’Afrique subsaharienne.
Deux pays du Maghreb dans le top 3
Le Nigeria dispose de forces spéciales comme le Special Boat Service (SBS), spécialisé dans les opérations amphibies. Le pays est également présent sur la scène internationale, notamment à travers l’opération Restore Democracy en Gambie en 2017, où il a déployé des avions de reconnaissance et le navire de guerre NNS Unity, illustrant son rôle pour la stabilité régionale.
3. Maroc
Les Forces armées marocaines comptent environ 200 000 militaires actifs, appuyés par 150 000 réservistes et 50 000 paramilitaires, ce qui place le Maroc parmi les premières armées d’Afrique en termes d’effectifs. Sur le plan de l’armement, Rabat se distingue aussi par son arsenal. L’armée de terre dispose de 900 chars, plus de 7 000 véhicules blindés, près de 400 unités d’artillerie automotrice, 150 pièces d’artillerie tractée et environ 130 lance-roquettes mobiles. L’armée de l’air possède 260 aéronefs, dont 83 avions de chasse, 2 avions ravitailleurs et 78 hélicoptères. En mer, la Marine royale compte 6 frégates, 1 corvette et 105 patrouilleurs.
Le budget alloué à la défense pour 2025 est de 133,45 milliards de dirhams (environ 13,5 milliards de dollars), en hausse par rapport aux 124 milliards de 2024. Ce budget vise l’acquisition, la modernisation et la réparation des équipements, ainsi que le soutien à l’industrie de défense nationale. Le Maroc participe également aux missions de maintien de la paix de l’ONU (MONUSCO, MINUSCA) et mène des exercices conjoints avec la France et les États-Unis.
2. Algérie
En 2025, l’Algérie consacre un budget record de 25 milliards de dollars à la défense, soit 3 349 milliards de dinars, représentant 5,6 % du PIB. Ce montant dépasse ceux alloués à l’Éducation et à la Santé, illustrant l’importance stratégique accordée à l’armée dans un contexte tendu avec le Maroc. Selon le Military Balance 2024, l’Armée nationale populaire (ANP) se compose de 140 000 militaires d’active, 187 000 paramilitaires et gendarmes, et 150 000 réservistes.
L’armée de terre algérienne dispose d’un arsenal essentiellement russe : chars T-90SA, T-72, véhicules BMP-1 et BMP-2. Alger posséderait environ 1 500 chars d’assaut. La marine aligne six sous-marins et cinq frégates. Côté aérien, plus de 120 avions de chasse et 70 hélicoptères de combat sont opérationnels. Mais surtout, le pays dirigé par Abdelmadjid Tebboune possède le missile balistique russe Iskander-E. D’une portée d’environ 500 kilomètres, il a été acquis en 2024 par Alger.
1. Égypte
Avions de chasse français Rafale, chasseurs américains F-16, porte-hélicoptères amphibies ou encore frégates conçues par Naval Group… les Forces armées égyptiennes disposent de l’un des arsenaux les plus sophistiqués du continent africain. L’Égypte possède environ 300 avions de combat (dont 55 Rafale), huit sous-marins, douze frégates et plus de 3 000 chars. Côté ressources humaines, les FAE comptent environ 836 000 personnels en 2025, incluant les forces actives et les paramilitaires. Ce chiffre stable depuis plusieurs années place Le Caire parmi les forces militaires les plus importantes d’Afrique et du Moyen-Orient.
Son expérience opérationnelle joue également en sa faveur pour prétendre à la première place de ce classement. Les FAE ont acquis une solide expérience à travers des opérations antiterroristes dans le Sinaï contre des groupes affiliés à l’État islamique, leur participation à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen, ou encore des interventions en Libye aux côtés des Émirats arabes unis contre des milices islamistes. Enfin, elles s’exercent fréquemment avec des partenaires internationaux, notamment la France, les États-Unis et la Chine.
Source : Lire Plus






