
Durant l’été 2022, plus de 30 000 hectares de forêt sont partis en fumée en Gironde, dans le secteur de La Teste-de-Buch et de Landiras, non loin de la dune du Pilat. Au plus fort de la crise, 3 000 pompiers ont été mobilisés ainsi qu’une dizaine d’avions bombardiers d’eau. Pour ne plus jamais revoir ce type de drames, les 3,5 millions de propriétaires forestiers qui se partagent 75 % de l’ensemble des surfaces boisées de l’Hexagone (les 25 % restants étant domaniales ou municipales), viennent de publier, via le syndicat des propriétaires de forêts Fransylva, cinq propositions clés afin d’écarter au maximum les risques d’incendie, principalement au printemps et en été.
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Surveiller et débroussailler
« Quatre-vingt-dix pour cent des feux, indique Antoine d’Amécourt, le président de Fransylva, sont dus à des activités humaines. » Si les négligences sont connues – laisser au sol un mégot non éteint ou arroser insuffisamment les cendres d’un barbecue –, « il faut absolument, continue-t-il, déployer des moyens de prévention supplémentaires. » Il prend pour exemple, à dupliquer partout en France, l’initiative prise par les conseils départementaux du Maine-et-Loire, des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault. Ces derniers ont installé des caméras dans des lieux stratégiques afin de repérer la moindre fumée. Ce qui permet ensuite aux pompiers du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) de se déplacer très rapidement sur le site.
Autre proposition clé de Fransylva : obliger les propriétaires de véhicules particuliers à s’équiper d’un petit extincteur « afin d’intervenir sur un départ de feu repéré en bord de route ». Le syndicat réclame aussi une aide financière de l’État pour « faciliter l’accès aux diverses ressources en eau » tout en se « félicitant des obligations de débroussaillement pour les logements et autres bâtiments situés en lisière d’un espace boisé ». Mais le patron de Fransylva insiste : il existe une multiplicité de propriétaires privés et beaucoup se retrouvent démunis face aux exigences de prévention.
En effet, certains propriétaires ne possèdent qu’un hectare et n’ont « absolument pas les moyens financiers de la prévention ». D’où l’indispensable intervention de plus en plus renforcée de l’Office national des forêts (ONF) qui se charge notamment de ce contrôle des débroussaillements pour le compte des pouvoirs publics, dans le cadre de « la défense de l’État contre les incendies », précise au JDD Rémi Savazzi, adjoint au directeur de l’ONF de l’agence Midi-Méditerranée.
Verbaliser et informer
« Sont concernés, continue-t-il, les massifs classés à risque, non plus uniquement dans le Midi de la France comme cela a longtemps été le cas, mais partout sur le territoire. Le zonage est établi par les préfets. Nous y déployons des patrouilles d’intervention qui ont pour mission, parfois de verbaliser, mais surtout de sensibiliser tous les occupants de ces habitations situées à moins de 200 mètres d’une forêt. » Le but ? Qu’ils taillent très régulièrement les herbes hautes et autres végétaux afin que les incendies ne se propagent pas. Bras armé de l’État, l’ONF veille donc sur les forêts partout en France, qu’elles soient privées ou publiques, car « le feu n’a pas de frontière ». Moyennant les aides financières de l’État et des collectivités, l’organisme y trace des chemins pour faciliter la circulation des forces d’incendie. Depuis 2023, une centaine de patrouilles opèrent partout sur les massifs les plus vulnérables. « Le changement climatique va augmenter les risques d’incendie. Grâce au déploiement de notre arsenal préventif, on peut affirmer qu’on se laisse de moins en moins déborder », insiste Rémi Savazzi.
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Le bilan récent lui donne raison : 5 700 hectares ont été détruits en 2023, contre 60 700 hectares en 2022. Mais l’ONF mise également sur la responsabilité du grand public, en rappelant que chaque année, 700 millions de visites sont effectuées dans les bois, dont 100 millions uniquement en Île-de-France.
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