
Vrai ou faux ? Invité de BFMTV, François Bayrou a tenu à rappeler son engagement contre les signes religieux à l’école : « Celui qui a interdit le port du voile à l’école, c’est moi », a-t-il martelé ce mardi matin. En 1994, le Premier ministre, alors à la tête de l’Éducation, a bel et bien fait publier une circulaire visant les « signes ostentatoires » dans les établissements scolaires. Le document dénonçait des formes de prosélytisme susceptibles de troubler la vie scolaire ou de menacer la sécurité. S’il ne cite aucun exemple, François Bayrou précisait à l’époque que le voile islamique était concerné. Sur France 2, il assumait une position tranchée : « Il faut imposer des espaces laïcs si nous ne voulons pas de guerres de religion », tout en distinguant les signes « discrets », compatibles selon lui avec le vivre-ensemble.
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Une approche qui tranchait avec celle de son prédécesseur, Lionel Jospin, rappelait le Figaro. En 1989, ce dernier avait jugé compatible le port du voile avec la laïcité, au moment même où l’affaire du collège de Creil éclatait. Pour rappel, l’établissement de l’Oise avait interdit à trois jeunes filles musulmanes de porter le foulard en classe. Cette décision avait suscité un vaste débat en France sur la laïcité, le port des signes religieux à l’école, et la place de l’islam dans la société française.
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Dix ans plus tard, en 2004, le Parlement adopte une loi précisant les signes religieux désormais interdits à l’école — voile islamique, kippa, grande croix… — par 494 voix contre 36. Un large consensus républicain. Mais François Bayrou, alors député UDF, choisit de s’abstenir, comme une trentaine de parlementaires. Le 3 février, dans un discours à l’Assemblée, il justifie sa position : « Ce n’est pas un problème religieux, c’est un problème qui touche à la condition de la femme ». Il estime que sa circulaire a déjà produit ses effets : entre 1994 et 2004, le nombre de cas recensés chute de 3 000 à 640.
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En 2010, il adopte une position plus ferme en votant en faveur de l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public. Mais treize ans plus tard, il hésite. En tant que Haut-commissaire au Plan, il approuve l’interdiction de l’abaya à l’école annoncée par Gabriel Attal, tout en appelant à ne pas en faire « un instrument de ségrégation ». Dans Les Échos, il défend une laïcité vue comme un « patrimoine vivant de la France ». Plus mesuré encore ce mardi matin, il exprime ses réserves sur la proposition d’Attal d’interdire le port du voile aux mineures de moins de 15 ans : « Je ne crois pas que ce soit de cette manière que l’on puisse traiter de la vie en commun des différentes sensibilités religieuses en France. Il ne faut pas faire de l’islam un sujet de fixation ».
Une posture d’équilibriste qu’il conserve alors que son gouvernement est confronté à la question de l’entrisme islamiste dans certaines écoles privées. Selon un rapport dévoilé par le ministère de l’Intérieur, 21 établissements accueillant environ 4 200 élèves sont jugés proches de la mouvance des Frères musulmans.
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