De Kiyoshi Kurosawa, avec Mutsuo Yoshioka, Seiichi Kohinata. 0h45.
À Tokyo, Matsuoka est professeur de cuisine. Un jour, un de ses élèves lui fait une confession très étrange : il entend un carillon dans sa tête, et ce bruit incessant le rend fou. Très vite, il est persuadé qu’il n’a plus le contrôle de son cerveau et se plante un couteau dans le cou pour y remédier. Sidéré, Matsuoka est interrogé par la police sur ce suicide tragique. Voici le nouveau cauchemar de Kiyoshi Kurosawa, qui concentre la quintessence de son art dans ce moyen métrage terrifiant aux allures d’un épisode de La Quatrième Dimension, pour disserter sur le burn-out et la pulsion de tuer. Dans un climat inquiétant, il déploie une mise en scène au réalisme cru, dépouillée de tout artifice, pour provoquer la peur et déranger, un choix renforcé par la fin abrupte. Puissant. S. B.
The Phoenician Scheme ★★
De Wes Anderson, avec Benicio Del Toro, Tom Hanks, Benedict Cumberbatch. 1h41.
En 1950, un richissime homme d’affaires atterrit dans un champ de maïs après avoir réchappé par miracle au crash de son jet privé. Ce n’est pas la première fois qu’on tente de l’assassiner. Il décide d’assurer sa succession en choisissant sa fille pour unique héritière, alors qu’elle s’apprête à entrer dans les ordres… Wes Anderson revient avec une tragicomédie familiale qui se concentre sur ce père, interprété par l’impeccable Benicio Del Toro, multipliant les tentatives pour renouer avec son enfant qu’il n’a pas vu grandir. On retrouve avec jubilation son souci du détail poussé à l’extrême et son goût pour la symétrie dans des plans qui impressionnent par leur composition et où évolue un casting XXL. Une fable surréaliste à l’humour absurde qui conjugue l’insolite avec la poésie, en dépit d’un scénario complexe. S. B.
La suite après cette publicité
[embedded content]
L’Ultime braquage ★★
De Frederik Louis Hviid, avec Reda Kateb, Gustav Dyekjaer Giese. 1h50.
Une équipe de braqueurs chevronnés préparent un gros coup : s’introduire dans un entrepôt où sont stockés plus de 70 millions d’euros. L’un d’entre eux, boxeur et père de famille, risque de tout perdre… Ce polar danois, inspiré de faits réels et sous tension permanente, frappe fort avec une séquence d’introduction immersive, brutale et impitoyable, qui donne le ton. Une plongée au cœur du chaos en adoptant le point de vue du héros, qui s’étire un peu mais captive par la chronologie méticuleuse du casse ainsi que par la performance de Reda Kateb, impressionnant en chef de gang implacable qui garde son sang-froid en toutes circonstances. S. B.
[embedded content]
Else ★
De Thibault Emin, avec Matthieu Sampeur, Edith Proust. 1h40.
Anx vient de rencontrer Cass quand le monde se confine subitement, en proie à une pandémie peu ordinaire : les humains se mettent à fusionner avec les objets qui les entourent, jusqu’à disparaître totalement. Ils sont donc contraints de bouger toutes les quinze minutes car l’immobilité signifie une mort à petit feu… Ce premier long métrage français, très influencé par David Lynch et David Cronenberg, s’intéresse au processus de réification dans un univers monochrome. Un parti pris expérimental, radical et un peu poseur, mais dont la deuxième partie fascine en s’apparentant au geste artistique d’un plasticien à la lisière de l’abstraction. Pour un résultat étrange et organique. S. B.
[embedded content]
Another End ★
De Piero Messina, avec Gael Garcia Bernal, Renate Reinsve, Bérénice Bejo. 1h58.
Sal ne parvient pas à surmonter la mort de sa compagne Zoé dans un accident de voiture, car il se trouvait au volant cette nuit-là. Sa sœur le convainc de tester une technologie qui permet au défunt de revenir brièvement en projetant ses souvenirs dans le corps d’un hôte, dont la conscience est suspendue pendant la durée de la simulation… Ce drame sentimental qui se déroule dans un futur proche raconte la difficulté du travail du deuil, à l’instar des Linceuls (2024), de David Cronenberg. Résultat : un récit d’anticipation référencé (Matrix, Ghost) mais singulier, pour dire la nécessité de profiter des gens qu’on aime tant qu’ils sont là. En dépit d’un rythme lent, on est envoûté par le scénario mystérieux jusqu’au rebondissement final. S. B.
[embedded content]
Source : Lire Plus






