
Combien de retraités décédés continuent de percevoir une pension française à l’étranger ? La Cour des comptes répond enfin à cette question sensible… Dans un rapport publié lundi, l’institution chiffre ces fraudes à hauteur de 40 à 80 millions d’euros pour l’année 2023, sur un total de 1,1 milliard d’euros de pensions versées à l’Algérie – premier pays bénéficiaire de retraites françaises du régime général hors France. Le Maroc, autre pays particulièrement visé, représente pour sa part une fraude estimée à 12 millions d’euros, sur 0,4 milliard d’euros de pensions versées.
Publicité
Depuis 2017, la lutte contre la fraude a été renforcée, en particulier dans les pays européens, grâce à l’échange de données informatisées avec les caisses de retraite locales. Hors Europe, le défi est plus grand : à partir de 2025, les autorités françaises comptent accroître les contrôles physiques, menés sur place par des partenaires locaux, dont l’activité devra être étroitement surveillée. Des agents spécialement formés à la fraude documentaire ont déjà permis d’identifier, depuis 2022, entre 2 et 5 % de décès non déclarés dans les échantillons étudiés (notamment en Algérie, au Maroc et en Turquie).
La suite après cette publicité
La Cour s’attaque également à un chiffre régulièrement agité dans les débats publics : le nombre anormalement élevé de centenaires percevant une retraite à l’étranger. Si le taux est effectivement un peu plus élevé qu’en France (0,23 % contre 0,19 %), cela ne traduit pas nécessairement une fraude massive. L’explication, selon les magistrats de la Cour, est démographique : les retraités vivant à l’étranger sont souvent nés dans des régions moins touchées par la chute de natalité liée à la Première Guerre mondiale. En tout, 2 445 centenaires perçoivent une pension française depuis l’étranger. Une donnée à manier avec précaution, rappelle la Cour des comptes, pour éviter de confondre anomalies statistiques et fraudes organisées.
Source : Lire Plus





