
« Nationalistes de tous les pays, unissez-vous » proclamait, en son temps, Jean-Marie Le Pen. Un message martelé par les leaders de la Heritage Foundation ce lundi 26 mai, dans l’ambiance feutrée de la Maison Boissière, luxueuse résidence du 16e arrondissement. L’influent laboratoire d’idées américain vient d’entamer un séjour de trois jours dans la capitale. Au programme : alerter sur la situation « tragique »de la France et surtout, tenter d’unir les forces conservatrices « pour inverser l’agenda globaliste désastreux de la gauche ».
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« L’Amérique est en plein âge d’or »
Il en va de la « survie de l’Occident », estime Kevin Roberts. Pour le président de Heritage, « la France est au bord de la ruine ». Frontières ouvertes, gouvernement obèse, dette abyssale, incapacité à défendre l’identité nationale… C’est un diagnostic plutôt sombre que pose le docteur en histoire américaine sur notre pays cet après-midi. La bonne nouvelle ? Il existe un traitement, auquel le patient zéro – les États-Unis – semble bien répondre. « L’Amérique est en plein âge d’or », assure fièrement Kevin Roberts, devant la dizaine de journalistes conviés pour l’occasion.
Un âge d’or qui doit beaucoup à la victoire de Donald Trump en novembre dernier, mais pas uniquement… Après un demi-siècle de combat idéologique, « le peuple américain a enfin compris qu’il fallait démanteler l’appareil bureaucratique », se félicite-t-il. Pour lutter contre la dette, en supprimant les agences gouvernementales inutiles par exemple, mais aussi pour redonner du pouvoir aux États fédérés, dont l’autorité serait sapée par les technocrates de Washington. Symbole de cette prise de conscience : la création du DOGE, ou Département de l’Efficacité gouvernementale en français, chargé d’alléger l’administration fédérale et placée sous la houlette – jusqu’à récemment – d’Elon Musk. D’après Kevin Roberts, de nombreux Européens sont prêts et appellent de leurs vœux cette révolution.
« La civilisation occidentale est particulièrement menacée sur ce continent », selon le conservateur, qui pointe notamment du doigt l’immigration massive et illégale. Face à ce péril, « l’Union européenne est dépassée, inefficace. Elle piétine les droits naturels des peuples et des États souverains », accuse-t-il. D’où la nécessité de mobiliser les forces conservatrices, avance le militant, en miroir de l’internationalisme dont jouirait la gauche. « Nous irons partout, nous travaillerons avec quiconque souhaite restaurer la souveraineté des nations et défendre les valeurs fondatrices de la civilisation occidentale, promet Kevin Roberts. Les conservateurs ont trop longtemps été enracinés dans leurs combats locaux. Aujourd’hui, nous n’avons plus le choix : il faut unir nos forces. »
À Paris, l’organisation entend bien tisser des liens. Les noms de leurs potentiels alliés français restent confidentiels — « pour l’instant », glisse le proche de Donald Trump — mais une photo publiée dès le lendemain sur X le montre aux côtés de Marion Maréchal, évoquant leur échange sur « l’immigration, la politique familiale et la défense de [leurs] valeurs communes ». Si le Menhir n’a pas vu l’union des nationalistes de son vivant, sa petite-fille s’attelle en tout cas à perpétuer son héritage…
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