
Le 29 mai 2005, les Français étaient appelés à se prononcer par référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe. Contre toute attente, le « non » l’emporta avec 54,68 % des suffrages exprimés, sur une participation élevée de 69,37 %. Ce rejet massif reflétait une défiance envers une Europe perçue comme trop libérale et éloignée des préoccupations sociales des citoyens.
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La campagne fut intense et divisée. À gauche, le Parti socialiste se déchira entre partisans du « oui », comme François Hollande, et défenseurs du « non », tels que Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon. À droite, si l’UMP soutenait majoritairement le « oui »,certaines voix, comme celle de Nicolas Dupont-Aignan, s’opposaient au traité. Le résultat révéla une fracture entre les élites politiques et les catégories populaires, ces dernières exprimant largement leur mécontentement face à une construction européenne jugée technocratique et éloignée des réalités sociales.
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Le traité de Lisbonne : un jumeau du traité constitutionnel ?
Après le rejet du traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas, les dirigeants européens élaborèrent un nouveau texte : le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007 et entré en vigueur le 1er décembre 2009. Ce traité reprenait l’essentiel des dispositions du texte rejeté, mais sous forme d’amendements aux traités existants, évitant ainsi la nécessité d’une ratification par référendum dans la plupart des pays.
Symbole d’une fracture entre les citoyens et leurs représentants sur la question européenne
Le traité de Lisbonne modifie la gouvernance de l’Union européenne, renforce le rôle du Parlement européen et introduit de nouvelles règles de vote au sein du Conseil. Il crée également les postes de président du Conseil européen et de haut représentant pour les Affaires étrangères. Cependant, il ne modifie pas fondamentalement les équilibres institutionnels ni les orientations politiques de l’Union.
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Un épisode qui a marqué la démocratie française
En 2007, le président Nicolas Sarkozy choisit de faire ratifier le traité de Lisbonne par voie parlementaire, évitant ainsi un nouveau référendum. Une décision perçue par beaucoup comme un contournement de la volonté populaire exprimée en 2005. Depuis lors, aucun référendum national n’a été organisé en France, marquant une rupture dans la pratique démocratique du pays.
Le rejet du traité constitutionnel européen, suivi de l’adoption du traité de Lisbonne sans consultation populaire directe, a alimenté la défiance envers les institutions et renforcé les mouvements eurosceptiques. Vingt ans après, le souvenir du référendum de 2005 reste vivace, symbole d’une fracture entre les citoyens et une majorité de leurs représentants sur la question européenne.
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