
Il aura été l’homme fort de la débureaucratisation, le symbole d’un État à « rationaliser », selon les mots de Donald Trump. Mais quatre mois après avoir intégré l’équipe présidentielle comme « employé spécial », Elon Musk claque la porte… et critique ouvertement le locataire de la Maison-Blanche.
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« J’ai été déçu de voir ce projet de loi de dépenses massives – franchement – qui augmente le déficit budgétaire », a déclaré le milliardaire mardi dans un extrait diffusé sur CBS, en référence à la grande réforme économique portée par Donald Trump. Le texte, actuellement examiné au Congrès, prévoit notamment de prolonger de vastes crédits d’impôt, mesure phare du second mandat présidentiel. Il a été baptisé par le chef de l’État « la grande et belle loi ».
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Pour Elon Musk, le compte n’y est plus. « Je pense qu’une loi peut être grande ou qu’elle peut être belle. Mais je ne sais pas si elle peut être les deux », ironise-t-il dans cet entretien, dont la diffusion complète est prévue dimanche. Selon l’analyse d’une agence parlementaire sans affiliation politique, le texte en l’état entraînerait une hausse du déficit fédéral de 3 800 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. L’homme d’affaires a également confié au Washington Post que le DOGE (Département de l’Efficacité gouvernementale en français) était « en passe de devenir le bouc émissaire pour tout ».
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Une prise de distance annonciatrice, puisqu’il a dans la foulée officiellement annoncé son départ du DOGE. « Alors que ma période prévue en tant qu’employé spécial du gouvernement touche à sa fin, je voudrais remercier le président Donald Trump de m’avoir donné l’occasion de réduire les dépenses inutiles », a-t-il écrit mercredi sur son réseau X. Il y assure que la mission DOGE « va se renforcer encore à l’avenir pour devenir un mode de vie dans le gouvernement ».
Depuis l’élection de Donald Trump en novembre dernier, le duo formé par le président et le magnat de la tech était inséparable. Dès l’investiture du 20 janvier, sa silhouette – toujours vêtue de noir, casquette vissée sur le crâne – apparaissait sur les pelouses de la Maison-Blanche, dans l’avion présidentiel, ou lors de réunions du cabinet.
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Dans les coulisses toutefois, l’expérience ne s’est pas déroulée sans friction. Plusieurs ministres ont fait part de leur exaspération face aux méthodes jugées brutales de Musk et à son franc-parler, parfois difficile à canaliser. Conformément à la réglementation, sa mission était limitée à 130 jours. Fin avril, il avait déjà annoncé vouloir se recentrer sur ses entreprises, dont Tesla, fragilisée par une chute des ventes et une image ternie par ses prises de position clivantes. Samedi dernier, après une brève panne du réseau social, le milliardaire avait posté un message lapidaire : « De retour à passer 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 au travail et à dormir dans des salles de conférence/serveur/usine ».
La rupture entre Elon Musk et Donald Trump est-elle définitive ? Le chef d’entreprise ne l’a pas dit. Mais en s’écartant de la ligne présidentielle, il rompt avec une loyauté sans faille qui aura marqué les premiers mois du second mandat du président républicain.
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