
Un rapport inquiétant. La vice-présidente Horizons de l’Assemblée nationale, Naïma Moutchou, a remis ce mercredi ses conclusions sur le port d’armes blanches chez les mineurs au Premier ministre François Bayrou. « Un phénomène » désormais présent « partout » sur le territoire, qui touche des « profils variés », selon la députée. Missionnée par Matignon après le meurtre au couteau d’une lycéenne de 15 ans le 24 avril dernier à Nantes, l’élue confirme sur BFMTV qu’il existe bel et bien « une tendance de la jeunesse à la violence armée ».
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Selon la rapporteure, plus de 6 500 armes ont été saisies dans l’agglomération parisienne l’année dernière. Et ce fléau dépasse largement la capitale et sa région : « N’importe quel territoire aujourd’hui est concerné ». Depuis 2016, « 20 % des mis en cause porteurs d’une arme sont des mineurs. Cela représente 3 000 jeunes par an qu’on interpelle avec une arme blanche », précise-t-elle.
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L’un des constats majeurs du rapport est l’absence de profil type. Certains adolescents affirment porter un couteau pour « se défendre », notamment en cas de harcèlement. D’autres s’inscrivent dans une « logique de rixes, de bandes » ou présentent des « terrains psychologiques fragiles ». Des raisons diverses, qui compliquent la prévention comme la répression.
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« L’impact des réseaux sociaux est inquiétant »
Pour endiguer cette montée de la violence, Naïma Moutchou propose plusieurs mesures, à commencer par un renforcement de la sécurité dans les établissements scolaires. La parlementaire défend le recours à la vidéosurveillance : « C’est un outil supplémentaire. Les établissements pourraient et devraient s’en doter, mais ça ne nous protège pas de tout. » Et d’ajouter : « Il ne faut se priver d’aucun moyen. La situation est trop grave. Si ça peut aider à détecter et intervenir rapidement, alors il faut y aller. » L’élue plaide également pour une interdiction du téléphone portable à l’école et au collège. « L’impact des réseaux sociaux et des messageries cryptées est franchement inquiétant. C’est un amplificateur », prévient-elle.
En dehors de l’école, le rapport s’attaque aussi au commerce d’armes blanches, en particulier les « couteaux zombies », armes au design agressif présentées dans les fictions comme utiles en cas d’invasion de morts-vivants… Déjà interdits au Royaume-Uni, ces objets pourraient à leur tour être bannis en France. Naïma Moutchou évoque des pistes : « On peut imaginer de demander l’identité au moment de l’achat pour prouver la majorité. On peut imaginer de la demander à la remise du colis. »
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