
Des mots prononcés loin de Paris, mais qui ont résonné jusqu’aux bancs de l’Assemblée. La reconnaissance d’un État palestinien n’est « pas simplement un devoir moral, mais une exigence politique », a déclaré Emmanuel Macron ce vendredi à Singapour, en marge d’une conférence de presse. Début avril, le chef de l’État avait déjà évoqué la possibilité de « finaliser le mouvement de reconnaissance » à l’occasion de la conférence internationale qu’il coprésidera avec l’Arabie saoudite à New York, le 18 juin prochain, sur la solution à deux États.
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Le locataire de l’Élysée n’a toutefois pas confirmé si la France franchirait officiellement le pas à cette date. S’il affiche une disposition à s’engager dans cette direction, Emmanuel Macron a néanmoins énuméré plusieurs conditions préalables : : la « libération des otages » détenus par le Hamas, la « démilitarisation » du mouvement islamiste, sa « non-participation » à la gouvernance du futur État, une « réforme de l’Autorité palestinienne », la reconnaissance d’Israël et de « son droit à vivre en sécurité », ainsi que la création d’une « architecture de sécurité dans toute la région ».
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Vers un durcissement européen ?
Le président a également exhorté les Européens à « durcir la position collective » à l’égard d’Israël si aucune réponse humanitaire concrète n’est apportée « dans les prochaines heures et les prochains jours » dans la bande de Gaza. Dans ce cas, a-t-il averti, l’Union européenne devra « appliquer » ses « règles », c’est-à-dire « mettre un terme à des processus qui supposent le respect des droits de l’Homme, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, et appliquer des sanctions ».
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L’accord d’association entre l’UE et Israël – signé en 2000 pour renforcer les liens politiques et économiques – doit d’ailleurs être réexaminé, a rappelé la semaine dernière la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Sans surprise, les propos du président ont fait réagir dans l’opposition. Marine Le Pen, interrogée sur BFMTV, a vivement critiqué la démarche présidentielle : « Reconnaître aujourd’hui l’État palestinien, c’est reconnaître un État Hamas », a-t-elle fustigé.
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Selon la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, cela reviendrait à « donner une récompense » à une « organisation terroriste responsable du pogrom du 7-Octobre ». À gauche, le député Alexis Corbière a salué au contraire « l’urgence de ce geste diplomatique, qui ne sera pas que symbolique ». « La solution, c’est deux États », a-t-il déclaré sur TF1.
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