Mais qu’est-ce qui peut bien les troubler, au terme d’une saison où ils ont tout gagné sauf le plus important à venir, cette Ligue des champions qui fuit le PSG depuis l’arrivée du Qatar aux commandes du club en 2011 ? Pas grand-chose, manifestement. Arrivés sur la pelouse de l’Allianz Arena dans des éclats de rire ce vendredi soir pour l’ultime séance avant le rendez-vous d’une carrière, d’un club et d’une ville, les joueurs parisiens en sont ressortis bras dessus, bras dessous, comme si la soirée allait se poursuivre dans l’un des innombrables bars à bière de la métropole bavaroise.
Tout a commencé par un « toro » géant dans le rond central, où l’intégralité de l’effectif – il n’y a aucun blessé à déplorer avant cette finale, même pas Kimpembe – s’est amusé à faire courir des gardiens de but transformés en victimes expiatoires.
À chaque minute, des chambrages, des rires. Tout le monde au club le martèle, et ce dernier galop d’entraînement sous les yeux de centaines de journalistes venus du monde entier n’aura rien fait pour le contredire, le PSG a préparé l’échéance ultime comme un match banal, avec sérieux bien sûr mais une décontraction assez sidérante quand on considère l’enjeu. Hors de question de dramatiser : le message envoyé est celui d’une équipe qui a le temps, même si elle aura tout fait ces derniers mois pour l’accélérer.
Après une grosse heure de répétition générale sous une température estivale, vraiment sans forcer ni donner aucun indice sur la composition de départ de ce samedi (même si Barcola semble avoir une petite longueur d’avance sur Doué pour débuter), contrairement à l’Inter qui a conclu sa séance par un 11 contre 11 sur un demi-terrain avec titulaires habituels contre remplaçants, il était temps de rejoindre les entrailles de l’enceinte munichoise pour une conférence de presse forcément très attendue avec une rareté absolue côté parisien : deux joueurs sur l’estrade, les tauliers Marquinhos et Ousmane Dembélé, aux côtés d’un Luis Enrique tout aussi relax – en apparence, du moins.
« Le fait que j’ai déjà gagné la Ligue des champions il y a dix ans avec le Barça, déjà en Allemagne ? Je le vis avec la tranquillité de la maturité, a démarré le technicien espagnol, très sollicité. J’ai beaucoup travaillé depuis, j’essaie de transmettre à l’équipe le plaisir de jouer une finale et l’importance de marquer l’histoire dans un club comme le PSG. J’ai adoré l’entraînement ce soir et l’état d’esprit. On est prêt. »
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D’une manière générale, au cours de 45 minutes de questions-réponses plutôt fertiles pour une veille de finale, les Parisiens ont préféré insister sur leurs forces plutôt que souligner celle d’un adversaire plus expérimenté et terriblement opiniâtre, peut-être le plus dangereux de tous à l’image du duo d’attaque Lautaro Martinez et Marcus Thuram.
Interrogé par le JDD, le capitaine Marquinhos assure : « On sait la force de l’Inter. Vous me parlez de leur schéma mais eux aussi peuvent être perturbés par le nôtre, avec des attaquants qui décrochent, trouvent des espaces. On va faire ce qu’il faut pour valoriser avant tout nos points positifs. »
Avec un atout-maître, lui aussi très en vue : Ousmane Dembélé, couvert d’éloges tant par les journalistes que par son coach. « Ousmane a bien sûr été l’un des meilleurs joueurs de cette saison, sinon le meilleur. Il fait des passes, défend, se bat, marque des buts… c’est un leader, c’est celui qui montre l’exemple. C’est génial pour moi de l’entendre dire que j’ai pu lui donner de la confiance. On est une vraie équipe. »
Marquinhos conclut dans la tonalité de la soirée : « Je prends beaucoup de plaisir à jouer dans cette équipe, j’en suis amoureux ! Après 2020, j’ai une deuxième chance de gagner la Ligue des champions. Je ne veux pas la rater. » Soudain, le regard était plus froid et tranchant, comme si le PSG était entré dans l’ultime phase de sa préparation. Celle qui le mènera peut-être demain soir sur le toit de l’Europe.
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