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Sport
Axel May
01/06/2025 à 00:09

« J’adore la night session », répète « la Monf’ ». Ça tombe bien, le public se régale quand il officie à la nuit tombée sur le Philippe-Chatrier. Amélie Mauresmo, la directrice des Internationaux de France, l’a bien compris en lui offrant à deux reprises le plus prestigieux des courts. Il est le seul à avoir bénéficié de ce double honneur, mardi et jeudi. Jugez plutôt : le tenant du titre, Carlos Alcaraz, 22 ans et un talent immense, a attendu la sixième journée de compétition, vendredi, pour fouler la terre battue en soirée, quand Novak Djokovic et ses 24 tournois du Grand Chelem a dû patienter jusqu’à hier. Car programmer Gaël Monfils (42e mondial) en session nocturne, c’est l’assurance d’avoir du spectacle. « Qu’il gagne, qu’il perde, il se passe toujours quelque chose avec lui », écrivait cette semaine Le Quotidien de Roland-Garros.
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À 38 ans, il décrochait son treizième titre professionnel
Face au (modeste) Bolivien Hugo Dellien (31 ans, 90e), ce fut un show autant qu’une partie de tennis. Dès le cinquième point, le Parisien maîtrise mal sa course et se retrouve dans les panneaux publicitaires. Les jeux défilent en sa défaveur. Le voici mené deux manches à rien, avant que le fil de la rencontre ne s’inverse. Des aces en pagaille (21 au total), une défense de zinzin et des coups sortis de nulle part enflamment le central (4-6, 3-6, 6-1, 7-6, 6-1 en plus de 3 h 30). C’était son douzième match en cinq sets, un record porte d’Auteuil pour un joueur de l’ère moderne.
Deux jours plus tard, le public est de nouveau debout pour acclamer son chouchou. Hélas, face à Jack Draper (23 ans, 5e), la différence de classement et surtout d’âge est trop importante. Perclus de crampes, transpirant à grosses gouttes, Gaël Monfils fait tout de même vibrer les tribunes, et il est proche de pousser le Britannique dans une cinquième manche décisive (6-3, 4-6, 6-3, 7-5 en plus de 3 h). « Honnêtement, une belle nuit, une belle rencontre. J’ai réussià bien le titiller », déclare tout sourire le héros malheureux, conscient d’avoir électrisé la foule. Une fois de plus.
Faut-il y voir un chiffre porte-bonheur ? En janvier, à 38 ans et quatre mois, il décrochait de l’autre côté de la terre, à Auckland, son treizième titre professionnel, devenant le tennisman victorieux le plus âgé d’un tournoi depuis la création du circuit ATP en 1990. « L’âge est juste un chiffre », assurait à l’époque le Français. Après tout, c’est vrai que le Suisse Stan Wawrinka, 40 ans, joue encore, tout comme l’illustre Djokovic, qui a soufflé il y a dix jours ses 38 bougies. Mais il est aussi le dernier des « Mousquetaires » en activité. Après les départs en 2022 de ses copains Jo-Wilfried Tsonga et Gilles Simon, c’est son pote Richard Gasquet qui a mis un terme à sa carrière jeudi sur une défaite face à Jannik Sinner, le nouveau patron du circuit. Dans ce contexte, songe-t-il à la fin ? Réponse « à la Monfils » : « L’an prochain, je jouerai quoi qu’il arrive. […] Comme je me sens physiquement bien, pour l’instant, je ne dirais pas que c’est mon dernier Roland. C’est plus dans la tête, ce que j’ai envie de faire. […] En vrai, si ça se trouve, en fin d’année, je vous dirai que c’est fini ! ». Le roi de la nuit, et du suspense..
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