
Fort de ses 74,3 %, le ministre de l’Intérieur ne prend pas de gants. Le chantier : rénover un appareil politique décati. Les proches du nouveau patron parlent carrément de « refondation », reprenant le titre de son livre publié en 2019, un manifeste pour une droite d’autorité, de clarté doctrinale et de reconstruction patiente. Six ans plus tard, Retailleau passe des idées aux actes. En commençant par un peu de discipline… et beaucoup de ménage.
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L’organigramme est réorganisé à sa main. Michel Barnier est propulsé président du Conseil national, François-Xavier Bellamy, vice-président délégué, Othman Nasrou, secrétaire général. À la trésorerie, Daniel Fasquelle cède sa place à Pierre Danon, entrepreneur passé par la campagne Fillon de 2017. Deux femmes assurent la parole publique : Agnès Evren et Alexandra Borchio Fontimp. Pas de barons frondeurs, pas de vieux crocodiles : une équipe resserrée, loyale, politique, en rangs serrés.
Retailleau ne se contente pas de changer les maréchaux. Il veut aussi liquider les symboles fatigués. À commencer par l’adresse : le siège actuel, place du Palais-Bourbon, au pied de l’Assemblée nationale, coûte plus de deux millions d’euros par an. Une aberration – selon la nouvelle équipe –, pour un parti qui prône la rigueur. Un déménagement est à l’étude. Et tant qu’à changer de lieu, pourquoi ne pas changer de nom ? Le serpent de mer du rebranding refait surface. Retailleau envisage de faire trancher les militants, pour adopter une nouvelle bannière, en accord avec une droite qui assume enfin sa ligne et rompt avec les ambiguïtés passées.
Une nouvelle bannière, en accord avec une droite qui assume
C’est aussi dans les comptes que Retailleau va trancher dans le vif. Avec 3,6 millions d’euros de masse salariale annuelle, le parti vit à crédit sur une gloire passée. « Il y a des doublons, des postes de confort, des fiches de paie sans impact. Tout cela va sauter », tranche un proche. Visée, la directrice générale, ancienne conseillère de Christian Jacob, qu’il avait opportunément recasée au moment de quitter la présidence à l’été 2022. La ligne est claire : un parti agile, économe, organisé. Fini, l’armée mexicaine et le pantouflage.
Mais Retailleau ne veut pas seulement une enseigne propre. Il veut un parti qui pèse. Et dans l’Hémicycle, il a jugé le spectacle consternant. Lors du vote sur la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), six députés LR seulement étaient présents. Le Rassemblement national, lui, s’en est donné à cœur joie. « Il faut arrêter de leur donner des arguments sur un plateau », grince un membre de la direction. Même flottement lors des débats sur la fin de vie : seul Philippe Juvin s’est exprimé avec clarté. Message du président : à présent, les absents auront tort. Laurent Wauquiez appréciera…
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Pendant que la macronie s’écharpe sur la succession de Macron, que le RN s’efforce de maintenir l’unité du duo Le Pen–Bardella, la droite avance, avec Retailleau, au pas cadencé. Une incarnation forte, un cap, un récit. Un conseil national est prévu avant l’été, un congrès à la rentrée. À deux ans de la présidentielle, le patron des LR veut faire du parti la colonne vertébrale d’une alternative conservatrice crédible.
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