Je n’ai pas oublié l’entretien qu’Hassan II, roi du Maroc en 1989, accorda à Anne Sinclair lors de l’émission « 7 sur 7 ». La journaliste de TF1 évoqua les Marocains qui vivaient en France : « Est-ce que vous aimeriez qu’ils soient intégrés en France ?
– Je n’appellerais même pas cela de l’intégration, et je n’aimerais pas du tout qu’ils soient l’objet d’une tentative, car ils ne seront jamais intégrés, répondit Hassan II.
– Vous croyez que c’est eux qui ne veulent pas, ou que ce sont les Français qui les refusent ?
– L’exprimeront-ils qu’ils ne le pourront pas. C’est possible entre Européens. La trame est la même. Les mouvements européens dans l’histoire ont été est-ouest. Mais là, c’est un autre continent ! Et vous n’en avez que faire, ce sera de mauvais Français. Je vous décourage en ce qui concerne les miens, les Marocains, à des détournements de nationalité, car ils ne seront jamais 100 % Français. Ça, je peux vous l’assurer. »
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J’observe que les mots du souverain chérifien (qui régna de 1961 à 1999) ont disparu des écrans comme s’ils contrariaient le récit que la doxa impose : l’intégration n’est qu’un problème de temps. Elle viendra. Personne ou presque n’a compris en 1989 les paroles prophétiques de Hassan II. La France comptait alors deux millions de musulmans. Peut-être davantage. Trois millions ? La République française interdit toute question liée à l’appartenance religieuse lors des recensements. Aujourd’hui comme hier, il est impossible de savoir combien de Français musulmans vivent sur notre sol. On évoque les chiffres de 6, parfois de 7, mais aussi de 8 millions.
Ni d’ici, ni d’ailleurs
Les Français musulmans représentaient une minorité en 1989. Trente-cinq ans plus tard, la France a changé. Des cités, des quartiers, des villes ont adopté des mœurs nouvelles. La concentration de populations immigrées, venues de terres musulmanes, a favorisé cet essor. Des jeunes gens perdus, en quête d’identité, ni vraiment d’ici, ni vraiment d’ailleurs, ont écouté les sirènes de prédicateurs islamistes. Ces marchands d’espérance ont donné une boussole à leur vie. Une société musulmane a prospéré. Elle n’est pas traditionnelle à la façon du Maroc ou de la Tunisie. Elle est hybride. Elle mixe délinquance, violence, narcotrafic. Elle mélange traditionalisme, modernité, identité. Une société musulmane 2.0 a vu le jour, avec mères célibataires, rodéos urbains et meurtres à l’opinel. Est-elle marginale ? Elle existe. Ne soyons pas sombres. L’émancipation personnelle et la réussite individuelle trouvent aussi leur place.
Des jeunes gens perdus, en quête d’identité, ont écouté les sirènes de prédicateurs islamistes
Hassan II devinait-t-il le destin des musulmans, arrachés à la terre de leurs ancêtres ? Comment vivraient-ils sous d’autres lois que celle de Dieu ? Seule la loi islamique autorise à sauver son âme.
Le fidèle obéit aux commandements du prophète. L’islam est une soumission. La religion dicte les actes du quotidien. Autant de principes que l’Occident des Lumières récuse. Hassan II le savait : « Ils ne seront jamais 100 % français. »
Stopper l’immigration
J’ai raconté plusieurs fois la scène d’une femme, jeune ou non – comment l’aurais-je su ? –, qui entrait dans l’océan couverte des pieds jusqu’à la tête d’un tissu noir. J’étais allongé sur le sable à côté d’une de mes filles. La femme était invisible. Je ne voyais qu’elle. C’était il y a quatre ou cinq ans, un été au Pouliguen. J’effectuais mon pèlerinage annuel de juillet : le sable de mon enfance, la plage du Nau, les boulistes et les volleyeurs, les filles topless dans les années 1980.
« C’est pas possible !
– Qu’est-ce que ça peut te faire papa ? »
Je n’ai pas su quoi répondre. Qu’est-ce que ça peut me faire ? Querelle de générations.
« Et puis quoi… tout le monde ne s’appelle pas Sixtine, Paul ou Henri… »
Ma fille affichait une tolérance ou une indifférence que je ne partageais pas.
« Je ne souhaite pas vivre dans une société musulmane », ai-je finalement répondu.
Comment refuser l’islamisation de la France sans être disqualifié dans le débat politique ? Et sans passer auprès de sa fille pour un odieux personnage ?
Le général de Gaulle craignait en 1959 que l’intégration des Algériens à la métropole transforme Colombey-les-Deux-Églises en Colombey-les-Deux-Mosquées : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. »
Stopper l’immigration est une évidence. Il est bien tard, mais il est encore temps
Soixante-cinq ans ont passé. La France que décrit de Gaulle n’existe plus. Je suis surpris, quand je marche dans Paris, des femmes voilées que je croise. Chaque saison plus nombreuses ! À Nantes, à Bordeaux, à Marseille, je fais le même constat. Je ne crois pas que ces femmes soient islamistes, ni que leurs maris deviennent des talibans. Elles témoignent d’autres mœurs, voilà tout, d’autres coutumes, d’autres traditions. Elles racontent une autre histoire. Ainsi vivent et meurent les civilisations, selon la loi de l’historien Arnold Toynbee : « En histoire, il y a trois règles fondamentales : la première, c’est le nombre ; la deuxième, c’est le nombre ; et la troisième, c’est le nombre. » Le nombre, le nombre, le nombre, n’est-ce pas là une autre définition du grand remplacement ?
Je ne souhaite pas vivre dans une société qui asservit les femmes à la volonté des hommes, une société qui subordonne la sœur à son frère, l’épouse à son mari. Au nom de Dieu. Ai-je encore le droit de le dire ? J’ai parfois le sentiment d’être un émigré dans le pays de mes aïeux. Alors que faire ? Inverser la tendance ! Ici et maintenant ! 500 000 immigrés légaux entrent chaque année en France. Stopper l’immigration est une évidence. Il est bien tard, mais il est encore temps. « Sinon, la France ne serait plus la France. »
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