
Un président d’un grand pays démocratique qui fait de la politique industrielle au bénéfice des intérêts de sa compagne ? Rien que de très banal, dirait-on ! Encore une histoire qui concerne Donald Trump ! Le président américain n’a-t-il pas fait du mélange entre ses intérêts personnels et ceux de l’Amérique une marque de fabrique ? Sauf que cette affaire concerne la France et François Hollande.
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Disons-le tout net : les procédures judiciaires existent et la prudence s’impose. Qu’il soit cependant permis de souligner combien cette affaire est regrettable, tant sur un plan politique que sur un plan industriel.
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Au plan politique, d’abord. Il ne s’agit pas de défendre ici François Hollande, protégé en l’espèce durant l’exercice de ses fonctions de président par l’irresponsabilité prévue à l’article 67 alinéa 1 de la Constitution. Les signataires de ce propos se sont constitués précisément en juin 2012, un mois après l’élection de François Hollande, avec une conviction forte : président, il serait un désastre. Pourquoi ? Parce que ni son passé ni sa campagne ne plaidaient pour lui. Il avait été, lors du funeste quinquennat Jospin de la gauche plurielle (1997-2002), celui qui, alors Premier secrétaire du PS, avait, entre autres coups portés à l’intérêt de la France, activement enterré toute idée de réforme des retraites. Sa campagne, elle, était un inventaire à la Prévert marqué par la démagogie.
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Pour ce qui est de son mandat de président, il n’a été qu’une longue agonie terminée par l’impossibilité de se représenter en 2017. Les Français n’ont pas oublié l’ampleur des erreurs commises. Au plan industriel, la renonciation larvée au nucléaire au nom d’un accord scandaleux avec Les Verts continuera longtemps à faire du tort à notre pays. Au plan européen, il a cultivé le renoncement systématique à la défense des intérêts de la France au nom d’une crainte clairement formulée lors de la crise de l’euro : que l’Allemagne « lâche » la France et que cette dernière, droguée à la dépense publique socialiste, soit contrainte d’assumer son impéritie. La réalité ? Nul besoin d’attaquer l’épouse de François Hollande car c’est manquer la proie pour l’ombre : la médiocrité de l’homme politique se suffit à elle-même.
Le Rafale avait gagné la compétition technique avant même que François Hollande ne soit élu
Au plan industriel ensuite. Car cette affaire jette la suspicion sur la vente de Rafale à l’Inde. Faut-il rappeler qu’en l’espèce, le Rafale avait gagné la compétition technique avant même que François Hollande ne soit élu ? Surtout, veut-on fragiliser le savoir-faire français en matière d’aviation de combat, rare succès qui concourt, avec quelques autres, à soigner deux des maladies chroniques de la France que sont sa désindustrialisation avancée et son déficit extérieur, et qui est un atout majeur de son réarmement ?
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Notre pays va trop mal pour éviter les vrais débats et gâcher ses atouts. Il n’est pas trop tard pour échapper aux travers d’une époque irriguée de politique-réalité et préférer l’analyse de fond des politiques menées – qui sait être cruelle quand les résultats sont médiocres – aux attaques ad hominem.
*Les Arvernes est un groupe français de hauts fonctionnaires, d’enseignants, d’essayistes et d’entrepreneurs créé en 2012, qui intervient régulièrement dans le débat public à travers des tribunes publiées dans la presse.
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