
C’est un nouveau tournant diplomatique dans le conflit du Sahara occidental. Et un coup dur pour Alger. Le Royaume-Uni a officiellement apporté, dimanche à Rabat, son soutien au plan d’autonomie marocain du territoire, qualifié de « base la plus crédible, viable et pragmatique pour un règlement durable du différend ». En adoptant cette position, Londres rompt avec sa ligne traditionnelle de neutralité et s’aligne sur celle de certains de ses alliés occidentaux, au risque d’attiser la colère d’Alger…
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Lors d’une conférence de presse commune avec son homologue marocain Nasser Bourita, le chef de la diplomatie britannique David Lammy a précisé que ce soutien s’inscrivait « dans le cadre des efforts de l’ONU pour trouver une solution au conflit ». Il a également appelé les parties à « s’engager de toute urgence et de manière constructive dans ce processus politique », précise l’AFP. Jusqu’ici, Londres considérait le Sahara occidental comme un territoire au « statut indéterminé », plaidant pour un règlement garantissant « l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».
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Cette nouvelle position britannique s’inscrit dans la dynamique amorcée en 2020, lorsque les États-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur le territoire, en échange de la normalisation des relations entre Rabat et Israël. Depuis, le Maroc multiplie les efforts pour rallier ses partenaires occidentaux à sa proposition d’autonomie. L’Espagne, l’Allemagne, puis plus récemment la France ont infléchi leur position. « Cette année est une occasion unique de parvenir à un accord avant que le conflit n’atteigne son 50e anniversaire en novembre », a insisté David Lammy.
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La réponse algérienne n’a pas tardé. Dans un communiqué officiel, le ministère algérien des Affaires étrangères a dit « regretter le choix fait par le Royaume-Uni d’apporter son soutien au plan d’autonomie marocain ». Alger estime que ce plan, présenté par Rabat en 2007, « n’a jamais été soumis aux Sahraouis comme base de négociation » et « n’a jamais été pris au sérieux par les envoyés onusiens qui se sont succédé ». Aux yeux de l’Algérie, Londres n’a toutefois « ni évoqué, ni apporté son soutien à la prétendue souveraineté marocaine sur le territoire du Sahara occidental ». Le Royaume-Uni « ne cautionne donc pas l’occupation illégale de ce territoire non-autonome au sens de la légalité internationale », selon ce même communiqué.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est revendiqué par le Maroc depuis 1975, mais il reste considéré par les Nations unies comme un territoire non autonome. Un cessez-le-feu y avait été conclu en 1991, avec la promesse d’un référendum d’autodétermination – jamais organisé. Depuis, les tensions persistent entre le Maroc et le Front Polisario, mouvement indépendantiste soutenu par l’Algérie. La rupture du cessez-le-feu en novembre 2020, après une opération militaire marocaine dans le sud du territoire, a ravivé un conflit gelé depuis des années. Alors que les négociations peinent à reprendre, le Conseil de sécurité continue de réclamer un dialogue « sans conditions préalables ».
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