
Il manque à coup sûr un opus à la liste des best-sellers « pour les nuls ». Après le succès de L’Histoire pour les nuls, L’Anglais pour les nuls, Le Corps humain pour les nuls ou encore L’Apiculture pour les nuls, il faudrait écrire en urgence Le Budget pour les nuls et l’envoyer aux petits hommes gris de Bercy pour leur apprendre le b.a.-ba de l’économie.
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On ne peut pas présenter un budget ou des comptes en déficit sans se faire retirer sa carte bleue et risquer l’interdit bancaire si vous êtes un particulier, se faire virer de son entreprise et la plonger dans la faillite si vous êtes salarié ou chef d’entreprise. Mais, en revanche, si vous être ministre, pas de problème ! Open bar ! Vous ne risquez aucune poursuite judiciaire, vous n’aurez pas de comptes à rendre au fisc (il dépend de votre administration) ni aux électeurs, et vous pourrez continuer allègrement à alourdir la charge de remboursement qui pèse actuellement sur la tête des Français : plus de 48 000 euros pour chacun d’entre nous, petit ou grand.
Avec un record abyssal de 3 303 milliards de dette publique, la France se classe dans le trio de tête européen avec la Grèce et l’Italie. Pourquoi diable notre pays n’est-il pas encore passé sous les fourches caudines des agences de notation ? Sans doute parce que l’effet domino que cela entraînerait aurait des conséquences cataclysmiques. Mais comme le dit dans nos pages l’économiste Marc Touati : « La fin du film est proche. » J’ajoute qu’à un tel niveau d’endettement, le problème devient d’abord et avant tout celui de la banque plutôt que celui du client dispendieux. Mais pourquoi cette notion simple – un déficit est une situation où les dépenses excèdent les revenus – est-elle si difficile à comprendre pour nos gouvernants alors qu’elle est accessible à chacun d’entre nous ?
La France est-elle l’homme malade de l’Europe ? Oui, assurément
Parce que les efforts qu’exigerait un assainissement des comptes de la nation seraient très fortement impopulaires dans un pays gangrené par la suradministration et par le pouvoir de blocage des syndicats, encore intact malgré leur perte de vitesse et la baisse du nombre de leurs adhérents. Les vieux réflexes d’une société sclérosée rendue accro aux prestations sociales et biberonnée aux idées marxistes d’une caste intellectuelle qui a inculqué l’idée aux étudiants, pendant des années, que le capital, c’est mal, que l’entreprise, c’est la cupidité des patrons, et que le travail aliène.
En Suède, comme l’explique si justement Agnès Verdier-Molinié, c’est le nombre de fonctionnaires qui a été drastiquement diminué. En Suisse, on a tout bonnement mis fin à leur statut. Aux Pays-Bas, on a réduit le nombre de communes.
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Bref, vous l’aurez compris, rien de tout cela n’est au programme chez nous. Il n’y a qu’à lire les propositions de la gauche ou du Rassemblement national pour comprendre qu’aucune baisse des effectifs des fonctionnaires n’est ne serait-ce qu’envisagée. Même la droite LR y va sur la pointe des pieds pour ne pas braquer une opinion publique ulcérée par l’incompétence de ceux qui la dirigent depuis des décennies.
Alors, la France, homme malade de l’Europe ? Oui, assurément. La solution est à la fois simple et inaccessible : une vision, du courage et surtout une majorité à l’Assemblée pour tailler dans le vif des dépenses publiques afin d’éviter l’effondrement final.
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