Dans une suite de l’hôtel Napoléon, à quelques mètres des Champs-Élysées, les interprètes de Carrie, Miranda et Charlotte se succèdent devant les journalistes avec le même enthousiasme. Pétillantes et (presque) sans filtre tout au long de nos interviews comme dans la série, au point que l’on se croirait parfois en train de tourner une scène avec elles ! Près de trois décennies après les débuts de Sex and the City, ces trois-là ont encore beaucoup de choses à dire.
Le JDD. Comment auriez-vous réagi si l’on vous avait dit, en 1998, que vos trois personnages deviendraient cultes et que vous continueriez à les incarner vingt-sept ans plus tard ?
Sarah Jessica Parker. Honnêtement, j’aurais été plus que sceptique. J’aurais même trouvé ça complètement fou ! D’autant qu’à chaque début de saison, c’est toujours la même chose : je suis convaincue que je vais être virée. Les deux ou trois premières semaines de tournage, je doute de moi, de mon jeu, je suis nerveuse… c’est une véritable épreuve à chaque fois.
Kristin Davis. Heureusement, nos scénaristes sont formidables, profondément investis dans ces personnages qu’ils cherchent toujours à rendre plus complexes et touchants, en leur faisant vivre des défis inattendus. On a la chance qu’ils nous connaissent vraiment bien et qu’ils écrivent en s’appuyant sur nos forces.
Et l’ambiance entre vous trois ?
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Cynthia Nixon. C’est toujours un immense plaisir de nous retrouver. Cela fait presque trente ans que l’on se connaît, alors une complicité profonde et une confiance solide se sont tissées entre nous. On se soutient mutuellement, on se respecte, on se fait rire aussi. C’est un privilège rare dans ce métier.
« Le monde a changé ! New York est une autre ville, les gens se comportent différemment dans ses rues… »
Du tout premier épisode de Sex and the City à cette troisième saison de And Just Like That, comment avez-vous ajusté vos interprétations ?
S. J. P. Il y a peu de différences en fait, si ce n’est le temps qui a passé. Les événements vécus par les personnages nourrissent ce dont nous parlons aujourd’hui. Le monde a changé ! New York est une autre ville, les gens se comportent différemment dans ses rues…
La société n’est pas toujours tendre avec les femmes, et encore moins avec les actrices de plus de 50 ans…
K. D. Moi je ne voudrais pour rien au monde revenir à mes 20 ou 30 ans… jamais ! C’est absurde de penser que tout peut s’arrêter après 50 ans. C’est justement l’une des raisons pour lesquelles nous avions envie de revenir. Pourquoi la vie ne serait-elle pas encore plus passionnante à nos âges ? C’est un vrai bonheur de pouvoir raconter ces trajectoires. Ce qui est regrettable, c’est qu’il faille encore les justifier. J’espère sincèrement que notre industrie finira par évoluer.
Cette saison, la célèbre voix off fait son grand retour. Elle vous avait manqué ?
S. J. P. Oui, absolument. J’en avais d’ailleurs parlé à Michael Patrick King [le créateur de la série, NDLR] pendant le tournage de la saison 2. Elle apporte une dimension supplémentaire à l’histoire, en exprimant ce qui ne peut pas toujours être montré à l’écran. C’est particulièrement vrai avec Carrie : la voix off révèle ses pensées les plus intimes, ses émotions les plus subtiles. Comme lorsqu’elle passe la journée seule chez elle à essayer différentes tenues, à écrire sur son ordinateur ou juste à réfléchir.
On aborde des sujets qu’on voit encore trop peu à la télévision
Cynthia Nixon
Pensez-vous que ces trois héroïnes resteront encore longtemps à l’écran ?
C. N. Tant que les histoires restent fortes, sincères et que le public continue à nous suivre, pourquoi pas ? On aborde des sujets qu’on voit encore trop peu à la télévision, notamment sur la vie des femmes à notre âge. Et il y a encore tant à dire !
K. D. Et surtout, à nos âges, la vie est riche et pleine de surprises ! À l’époque des débuts de la série, l’accent était mis sur les histoires d’amour et de sexe. Mais maintenant, évidemment, alors que nous sommes toutes dans la cinquantaine ou la soixantaine, nous savons que beaucoup de nouveaux défis arrivent…
Revoilà notre trio de Wonder Women new-yorkaises. Carrie, désormais veuve et quinquagénaire, s’essaie aux vertiges de la relation à distance. Miranda, fraîchement séparée, s’aventure sur des terrains inédits, tandis que Charlotte reste (presque) fidèle à elle-même et à ses principes. Moins sombre que la première saison et plus aboutie que la seconde, cette troisième virée dans la Grosse Pomme est une réussite.
Au menu : du sexe, des larmes, des remises en question tous azimuts, toujours portés par ce ton ironique si singulier. Un nouveau cru qui mêle légèreté et profondeur, humour et mélancolie, dans un enchaînement de saynètes douces-amères où le temps qui passe n’est jamais bien loin…
De Michael Patrick King, avec Sarah Jessica Parker, Kristin Davis, Cynthia Nixon. Douze épisodes de 45 minutes. Disponible.
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