
Paris, capitale du monde ? Selon Le Monde, Anne Hidalgo a effectué au moins douze déplacements hors de nos frontières depuis le mois de janvier. Et ce sur presque tous les continents : en Pologne (deux fois) et en Mauritanie en janvier, en Belgique et au Maroc en février, aux États-Unis, en Italie et au Vietnam en avril, en Espagne, en Belgique et au Kenya en mai et en Suisse en juin.
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En 2024, elle s’était déjà rendue en Pologne, en Ukraine, en Grèce, en Italie, en Suisse, aux États-Unis, en Espagne, au Brésil et au Maroc. En 2023, il y avait eu l’Ukraine, l’Italie, la Pologne, l’Irak, la Belgique, l’Islande, l’Arménie, les États-Unis, le Bénin et Dubaï.
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L’édile et son équipe ne s’en cachent pas. « Paris a un rayonnement international de par son statut touristique et historique et la fonction de maire de la ville implique un rôle à l’international », justifie Patrick Bloche, premier adjoint à la maire, auprès de nos confrères.
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Et encore ! Selon lui, la maire refuse beaucoup d’invitations : « On pourrait remplir tout son agenda et elle pourrait ne faire que ça. » Vu le prix de ces voyages, tant mieux ? Le journal a eu accès à la liste de toutes les « missions des membres du Conseil de Paris du 3 juillet 2020 au 31 décembre 2023 », en France et à l’étranger.
Des voyages qui pèsent sur le budget
Dans ce document, on découvre par exemple qu’un déplacement d’Anne Hidalgo à Rome, accompagné de trois élus pour rencontrer le pape les 17 et 18 mars 2023, a coûté 9 292 euros. Deux mois plus tard, en mai, un séjour de trois jours en Irak aux côtés de la maire du 10e arrondissement pour inaugurer un musée à Erbil, dans le cadre d’un pacte de coopération, s’est élevé à 8 565 euros. En juin, 8 067 euros ont été engagés pour un voyage en Islande afin de rencontrer le maire de Reykjavik, avec deux adjointes.
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Problème, au-delà du coût de ces voyages : le manque de transparence. Interrogée par Le Monde, Maud Gatel, qui préside le groupe MoDem au Conseil de Paris, regrette que ce dernier ne soit « jamais saisi de l’opportunité de se rendre ou pas à tel déplacement » et « jamais informé ni jamais consulté a priori ». Selon elle, « il n’y a pas de compte rendu et les informations rendues publiques une fois par an ne permettent pas de comprendre l’intérêt de ces voyages ».
Une maire pas si écolo ?
L’intensification des déplacements internationaux d’Anne Hidalgo ces derniers mois ne passe pas inaperçue. « Je crois comprendre que la maire est en campagne très active pour son poste à Genève, ce qui suscite une interrogation très forte sur les raisons qui la conduisent à se déplacer au nom de la ville », observe la centriste Maud Gatel.
Anne Hidalgo est en effet candidate au poste de Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), basé à Genève. Une candidature que son entourage assure totalement déconnectée de ses voyages officiels : « Elle n’a pas de déficit de notoriété internationale, elle n’a pas besoin de faire campagne. »
Autre sujet de débat : l’empreinte carbone de ces missions à l’étranger. Si le train est privilégié pour les trajets courts, la plupart des déplacements se font en avion. Une contradiction apparente pour une élue qui se veut à la pointe du combat écologique et qui entend débarrasser Paris des voitures pour améliorer la qualité de l’air. À ce jour, aucun dispositif de compensation carbone n’est en place.
Une « coopérative carbone », lancée en septembre 2024, pourrait toutefois « assurer ce type de mission », indique le cabinet d’Anne Hidalgo à nos confrères. Mais ce sera au prochain maire de décider de son usage.
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