« La Ligue islamique mondiale a salué la décision d’un tribunal britannique, dans la capitale, Londres, de condamner un homme ayant incendié un exemplaire du Coran tout en proférant des propos insultants à l’égard de l’islam. » Ce communiqué n’est pas tiré d’un roman de Michel Houellebecq, mais figure bel et bien sur le site de cette organisation islamiste basée en Arabie saoudite.
Il faut avoir atteint un niveau de déchéance spectaculaire pour qu’une prétendue démocratie libérale finisse par être félicitée par les ennemis de la civilisation occidentale, voire de la civilisation tout court. L’Angleterre, autrefois phare de la liberté d’expression et berceau de la pensée libérale, semble s’enfoncer dans une spirale de compromissions qui menace ses valeurs fondamentales.
Un récent événement, aussi symbolique que révélateur, illustre cette dérive : un homme, Hamit Coskun, a été condamné par un tribunal britannique pour avoir brûlé un exemplaire du Coran à Londres, tout en proférant des propos critiques envers l’islam.
Solidarité avec Salwan Momika
Revenons sur les faits. Hamit Coskun, ressortissant turc, a commis cet acte en signe de protestation contre le régime autoritaire d’Erdogan en Turquie, mais aussi pour exprimer sa solidarité avec Salwan Momika, un Irakien assassiné en Suède dans une indifférence quasi générale. Momika, qui brûlait également des Corans pour dénoncer l’oppression musulmane, faisait l’objet d’une procédure judiciaire en Suède, pays qui lui avait pourtant accordé l’asile.
« Il est plus risqué de brûler un livre que d’expliquer comment lapider une femme depuis une mosquée de Birmingham »
On l’accusait d’« incitation à la haine contre un groupe ethnique », une qualification juridique fallacieuse qui assimile les adeptes d’une religion à une catégorie ethno-raciale. Cette imposture intellectuelle trouve un écho dans la condamnation de Coskun au Royaume-Uni. Au lieu d’être salué pour son courage face à l’obscurantisme, ce dernier a été poursuivi pour « trouble à l’ordre public aggravé par des considérations religieuses ».
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Une telle peine, selon la Free Speech Union et la National Secular Society, s’apparente à une résurgence du délit de blasphème, officiellement aboli en 2008, mais déjà tombé en désuétude bien avant cette date. Ce verdict envoie un message glaçant : critiquer une religion, même de manière symbolique, est désormais un acte punissable dans le pays de John Stuart Mill.
Un nouveau cap franchi
Cette affaire s’inscrit dans une trajectoire funeste entamée il y a des décennies. Depuis l’affaire Salman Rushdie en 1989, lorsque l’écrivain a été contraint de vivre caché après une fatwa appelant à son assassinat, l’Angleterre a révélé sa vulnérabilité face à l’inquisition islamiste. Cette dernière, importée par une politique migratoire suicidaire, s’est progressivement enracinée. Rushdie, symbole de la résistance intellectuelle, a fini par s’exiler aux États-Unis, conscient que la patrie de la Magna Carta et de l’Habeas Corpus ne pouvait plus garantir sa sécurité ni sa liberté.
« L’Angleterre continue de complaire aux ennemis de la liberté »
Trente-six ans plus tard, le Royaume-Uni semble avoir franchi un nouveau cap dans la capitulation. Le tribunal qui a condamné Coskun établit une hiérarchie implicite : il est plus risqué de brûler un livre, même pour dénoncer une idéologie oppressive, que d’expliquer comment lapider une femme depuis une mosquée de Birmingham. Cette inversion des valeurs a valu à Londres le sobriquet de « Londonistan », un terme qui reflète la complaisance historique des gouvernements britanniques envers les groupes islamistes et jihadistes.
Cette dérive n’est pas passée inaperçue à l’international. En juillet 2024, J.D. Vance, alors colistier de Donald Trump, ironisait sur le Royaume-Uni, le désignant comme le premier pays potentiellement islamiste à posséder l’arme nucléaire. Une boutade exagérée, qui omet le précédent du Pakistan, mais qui souligne une réalité troublante : l’Angleterre continue de complaire aux ennemis de la liberté tout en sacrifiant ses défenseurs. À croire qu’elle se démène comme jamais pour correspondre à la caricature qu’on en fait.
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