
« Et de six pour Borg ? » s’interroge le JDD en ce dimanche 7 juin 1981, jour de la finale du Tournoi de Roland-Garros. Celui qui a révolutionné le tennis, qui depuis le début de la compétition n’a pas concédé le moindre set à ses adversaires, qui, sur la terre ocre du court parisien, est devenu un Roi, s’en va affronter Ivan Lendl, 21 ans, Tchécoslovaque, visage taillé à la serpe, comme l’incarnation de la nouvelle vague. Jamais le tournoi n’avait fait autant corps avec un joueur.
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Pour la première et seule fois, les organisateurs ont accepté une affiche particulièrement personnalisée : cheveux longs cernés par un bandeau tricolore… La silhouette ne fait pas de doute. C’est Borg et son look christique, sa chemise Fila à fines rayures, son poignet jaune et bleu pour accompagner les effets démoniaques de la raquette Donnay en bois cordé à plus de trente kilos.
Borg qui imprime à ses frappes une exceptionnelle et unique sonorité métallique. Les deux joueurs se sont déjà affrontés six fois. 4 victoires pour Borg, 2 pour Lendl. « Contre Borg, prévient Patrice Dominguez en dernière page, on ne peut pas jouer que par instants seulement. Il faut tout donner de la première à la dernière balle. »
Ce qui est fou, c’est qu’au moment de débuter le tournoi parisien, Borg a déjà décidé de stopper sa carrière
La première manche ne laisse pas la place au moindre suspense : 6-1 Borg. Mais voilà que Lendl met son jeu en place, notamment son coup droit très puissant. 6-4 Lendl. Puis Borg repart en trombe : 6-2. Et Lendl revient : 6-3. Avant de craquer dans le cinquième set : 1-6. C’est la deuxième finale livrée par Borg en 5 sets, sept ans après sa première victoire à Roland-Garros face à Manuel Orantes. Il avait 18 ans.
Ce qui est fou, c’est qu’au moment de débuter le tournoi parisien, Borg a déjà décidé de stopper sa carrière, seuls ses parents et son entraîneur savaient et s’étaient déclarés choqués. C’est dans cet état d’esprit qu’il a conquis son 6e Roland-Garros, qu’il s’est incliné en finale à Wimbledon et encore à Flushing, un tournoi qu’il ne remportera jamais, battu encore une fois par John McEnroe.
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« Après la victoire de John, avouera-t-il, j’ai filé directement à la maison que je possédais alors à Long Island et j’ai sauté dans la piscine comme un vacancier. Là, j’ai réalisé que ma motivation n’était plus… » Les trois saisons suivantes, il ne prendra part qu’à un seul tournoi avant de s’arrêter en 1991, date d’une tentative de come-back avortée.
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