
Un nouvel élan missionnaire pour la France. Voilà ce que souhaite le nouveau successeur de Pierre pour notre pays, confronté à la déchristianisation et à la pénurie de prêtres. Pour ce faire, pas de programme en trois points, mais trois modèles de sainteté : une religieuse, sainte Thérèse de Lisieux, et deux prêtres, le saint curé d’Ars et, moins connu, un prêtre normand du Grand Siècle, saint Jean Eudes.
Publicité
Grand, le XVIIe siècle de Louis XIII et de Louis XIV l’est assurément, par le développement du royaume et également par son renouveau spirituel. Mais cela n’a pas été sans mal, car en apparence, la situation était même assez noire.
La suite après cette publicité
« Au feu, Messieurs les docteurs ! » s’écrie saint Jean Eudes face aux théologiens de la Sorbonne. Le peuple, explique-t-il, « a remplacé la foi par la sorcellerie et la supersti- tion ; les puissants donnent l’exemple de tous les vices ; et les prêtres sont ignorants et souvent corrompus, abandonnant leur troupeau dès qu’apparaissent la peste ou une épidémie ». Cette dernière raison expliquant pourquoi ce prêtre exceptionnel se lance en priorité dans la formation du clergé.
La suite après cette publicité
Notre saint innove en ouvrant six séminaires
Saint Jean Eudes suit en cela la réforme du concile de Trente, un siècle plus tôt, qui mise sur le clergé, et donc sur la messe et le catéchisme, pour assurer un renouveau de la foi. En France, notre saint innove en ouvrant six séminaires, pour mieux former les prêtres en vue de l’évangélisation. Il organise aussi des missions paroissiales dans les campagnes de l’Ouest, en Normandie et en Bretagne – 115 au total, en quarante ans. Ce sont des retraites populaires dans les villages et qui durent plusieurs mois : conférences, tournée des malades, catéchisme aux enfants, et bien sûr, des conversions à la clef…
Mais l’action n’est pas tout. Jean Eudes est aussi un éminent représentant de l’école française de spiritualité : un courant qui a exalté l’amour fou de Dieu pour tous les hommes, dans une époque où, à l’inverse, le rigorisme janséniste penche pour une miséricorde de Dieu réservée à un petit nombre d’élus. Pour cela, ce saint prêtre s’appuie sur l’image très évocatrice du cœur, siège de l’amour.
La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Il a cette intuition géniale de montrer deux cœurs blessés d’amour, celui de Jésus et de sa mère, la Vierge Marie, unis au point de ne former qu’un seul cœur. Cette inspiration pionnière sera confirmée, quelques années plus tard, par les apparitions du Christ à Paray-le-Monial, demandant à une religieuse l’instauration d’une fête du Sacré-Cœur dans le calendrier. Ce sera le cas en 1765.
Et pour joindre le geste à la parole, Jean Eudes se rend au chevet des pestiférés dont personne ne s’occupe. Il lave les malades, les nourrit et les enterre dans la fosse commune. Autre acte de charité, révolutionnaire pour l’époque, il crée une maison pour les prostituées, car elles aussi ont droit à l’amour de Dieu… Ce sera Notre-Dame du Refuge à Caen.
« Le cœur qui bat dans notre poitrine »
Des femmes laïques accueillent les prostituées et leur apprennent un métier, tout en répétant ses religieux de la congrégation de Jésus et de Marie, les Eudistes, que la prière est « une chose aussi essentielle pour nous, que la terre qui nous porte, l’air que nous respirons, le pain qui nous rassasie, le cœur qui bat dans notre poitrine ».
En partenariat avec France Catholique
Source : Lire Plus





