
Israël a infligé une défaite symbolique cuisante au régime de Téhéran. C’est la première fois depuis la guerre Iran-Irak qu’une puissance étrangère attaque aussi loin à l’intérieur du territoire iranien. Alors que le programme nucléaire du pays est considéré par ses dirigeants comme le bras armé pour annihiler Israël, voilà que l’État hébreu le frappe en plein cœur. Profitons-en. La France doit soutenir Israël, qui œuvre pour l’intérêt général afin de détruire l’assurance-vie du régime des Mollah : son programme nucléaire.
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Par son programme nucléaire, l’Iran menace la sécurité de tous. D’abord de sa propre région. Alors que l’arme nucléaire a toujours été pensée comme une arme défensive pour préserver sa souveraineté, l’Iran l’a toujours perçue comme un instrument pour détruire Israël et s’affirmer comme la puissance hégémonique régionale face aux pays sunnites tels que l’Arabie saoudite.
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Or, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans son rapport du 3 mars dernier, l’Iran est le « seul État non doté de l’arme atomique à enrichir l’uranium dans de telles proportions » c’est-à-dire à hauteur de 60 %, très proche du seuil à 90 % pour produire une arme nucléaire et surtout très loin des 3,67 % prévus dans l’accord de 2015. Mais c’est aussi une menace pour le monde occidental car comment pourrait-on laisser une telle puissance de feu dans les mains de la plus grande puissance islamiste de l’Histoire alors que l’islamisme est l’ennemi de notre civilisation et à l’origine de près de 300 morts en France depuis 2013 ?
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« Le guide Ali Khamenei est militairement affaibli »
Seulement, la menace nucléaire iranienne est décapitée et non annihilée. Téhéran confirme la mort du général Hossein Salami, du chef d’état-major Mohammad Bagheri, du coordinateur Gholam Ali Rashid et de plusieurs scientifiques experts du nucléaire. Pourtant, aucun pic de radiation n’est relevé à Natanz : les cascades de centrifugeuses, enfouies à près de quatre-vingts mètres, tiennent toujours. Ce qui n’est pas surprenant, vu que seuls les Américains peuvent frapper si profondément sous terre et que leur soutien sera nécessaire pour parvenir à un succès total.
Israël sait décapiter, mais seul Washington possède la masse de métal et le rayon d’action pour désarmer. Les images satellites montrent d’ailleurs que les abris anti-bunker restent intacts, preuve d’un choix délibéré : neutraliser le cerveau avant le cœur. Même si l’opération fut un succès, cela prendra du temps et plus de frappes pour mettre à mal durablement la douzaine de sites nucléaires iraniens.
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L’Iran, un colosse aux pieds d’argile
Le guide Ali Khamenei est militairement affaibli. D’une part, tout le système de défense iranien (protection des personnalités comme le général Hossein Salami, protection aérienne, protection anti-drones et protection spéciale des sites nucléaires) a dysfonctionné, révélant un État paralysé. Pire : pour l’Iran, les sabotages internes des avions de chasse et d’une partie des sites frappés par les sources et les renseignements israéliens contribueront à créer un climat de peur autour de la présence d’un ennemi intérieur pouvant paralyser la prise de décision.
D’autre part, les options militaires offensives sont faibles. La première salve de drones Shahed a été contrée par le Dôme de fer israélien. Pour pouvoir le saturer complètement, l’Iran a besoin de ses proxys. Or, son « Axe de la Résistance », l’arc chiite, est affaibli entre le Hamas en difficulté, le Hezbollah décapité en octobre dernier, Bachar el-Assad renversé, des milices irakiennes divisées et les Houthis sous menace occidentale.
Mais l’Iran est surtout affaibli de l’intérieur. Sur le plan économique, le pays souffre d’une stagflation extrême, à savoir une croissance très molle et une inflation très forte. Selon le FMI, la croissance économique iranienne s’effondre : 1,8 % au dernier trimestre 2024, et une perspective de croissance estimée à 0,8 % en 2025 contre 2,8 % à l’échelle mondiale.
« Le programme nucléaire iranien est son assurance-vie »
En revanche, l’inflation est exceptionnelle : 32,6 % en 2024 et une prévision à 43,3 % en 2025 contre 2,3 % à l’échelle mondiale ! Ainsi, les Iraniens s’appauvrissent considérablement jour après jour donnant lieu à des fortes mobilisations sociales qui remettent en cause la gestion du pays, mais également son modèle islamiste rétrograde pour les femmes en leur imposant toutes les folies de l’islam radical.
Israël œuvre pour l’intérêt général
Le programme nucléaire iranien est son assurance-vie. Fragilisé géopolitiquement par le recul de ses proxys et contesté en interne par une partie de sa population, le régime iranien ne peut tenir que sur sa police politique au niveau interne et son programme nucléaire au niveau externe. En effet, ce dernier lui permet de théoriquement protéger sa souveraineté et d’ancrer le discours de renaissance de la puissance perse perdue. La décapitation d’une partie de ce programme est donc une bonne nouvelle. L’Occident devrait remercier Israël qui, au-delà de se battre pour sa survie, œuvre pour l’intérêt général.
Grâce à Israël, le programme nucléaire iranien recule sans qu’un pilote américain ou européen n’ait décollé. Donald Trump a toujours été conscient que les négociations ne menaient nulle part devant l’hostilité iranienne. Si les négociations reprennent, elles s’ouvriront sous la contrainte d’un ciel que l’aviation israélienne a prouvé pouvoir pénétrer. Longtemps chantre des négociations avec le régime iranien, la France doit matériellement et symboliquement soutenir Israël pour annihiler le programme nucléaire iranien car une telle opportunité pourrait ne pas se représenter à l’avenir.
Sur le plan matériel, il s’agirait de fournir toute l’assistance nécessaire à l’État hébreu pour détruire les installations militaires iraniennes, ce qui aurait en plus le mérite de faire monter de gamme nos armées. Sur le plan symbolique, nous devons réaffirmer plus que jamais le lien de civilisation nous liant à Israël qui se bat contre la barbarie de l’islamisme, barbarie que nous subissons tous les jours sur notre sol, comme l’a récemment montré l’attentat de Mulhouse.
*Pierre Clairé, directeur adjoint des études du Millénaire, spécialiste des questions internationales et européennes.
*Matthieu Hocque, directeur adjoint des études du Millénaire.
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