
L’opération militaire durera « autant de jours que nécessaire pour éliminer cette menace », a expliqué, dans un message vidéo, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Mais combien de jours ? Malgré le potentiel de frappe des Israéliens, éliminer le risque signifie, si on veut être sûr du résultat, monter une opération d’envergure, peut-être même un Irak 2.0 pour obtenir la chute des mollahs. Mais rien n’indique que les États-Unis seront prêts à accompagner Israël dans une aventure de ce type, qu’il ne peut mener seul. Surtout avec Trump aux commandes.
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D’autant que l’Iran a signé un accord de coopération militaire avec la Russie, qu’il est membre de l’OCS (Organisation de coopération de Shanghai) aux côtés de la Chine et de la Russie, que la Chine s’approvisionne à 40 % en pétrole iranien et que 50 % des hydrocarbures mondiaux transitent par le détroit d’Ormuz. Mettre en péril ces fondamentaux signifie risquer un engrenage digne de la Première Guerre mondiale…
On a en effet un peu trop tendance à oublier que l’Iran est une nation d’ingénieurs, qui se classe parmi les meilleures au monde
L’Iran est un pays truffé d’installations militaires enkystées dans les villes, pas toujours visibles, sauf à s’en approcher, avec les risques que cela comporte. L’opinion, bien qu’en partie hostile au régime et de moins en moins sous l’emprise des religieux, reste en outre très nationaliste. Elle perçoit d’un mauvais œil toute ingérence étrangère. « Notre révolution doit venir de chez nous », confiaient les opposants au régime des mollahs que nous avions rencontrés voilà deux ans, notamment les femmes du mouvement contre le port du voile. Le pays regorge de montagnes arides et inaccessibles où il est de notoriété publique que les Gardiens de la révolution, cet État dans l’État, ont creusé des sites souterrains de lancement de missiles, quasi indestructibles, à des profondeurs inouïes. Ils en font régulièrement la publicité sur les réseaux sociaux. On y découvre des bases enterrées au milieu du sable, dignes des meilleurs repaires du Dr No dans James Bond. Les frappes de missiles balistiques sur Tel-Aviv en octobre dernier ont montré qu’il fallait les prendre très au sérieux.
Il reste les opérations clandestines du Mossad qui pourraient, on l’a vu ce samedi 14 juin, et avec le Hamas et le Hezbollah, décapiter les autorités. Mais à moins de s’attaquer au Guide suprême, celles-ci peuvent être remplacées, tout comme les scientifiques du nucléaire. On a en effet un peu trop tendance à oublier que l’Iran est une nation d’ingénieurs, qui se classe parmi les meilleures au monde en matière d’ingénierie et de production scientifique.
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